La musique congolaise en deuil: le dernier des musiciens congolais à la Table Ronde de Bruxelles, Petit Pierre tire sa révérence le 30 juin !

Il n’a pas témoigné, ce dimanche 30 juin sur le voyage à succès et les concerts dans plusieurs villes du Royaume de Belgique des musiciens congolais qui avaient épaté les blancs à la Table Ronde de Bruxelles. Cette Table Ronde  qui avait abouti à la déclaration  de l’indépendance du Congo Belge), le 30 juin 1960. Sa voix roche attendue n’a pas redonné comme il y a 60 ans. Petit Pierre, ancien drummer et le plus jeune parmi les musiciens qui ont réalisé la chanson indépendance Cha-cha, d’où son sobriquet  » Petit Pierre » a choisi le jour même de la commémoration de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le 30 juin 2024 pour s’éclipser à jamais de la scène. Il a souffert d’une longue maladie. Il est resté comme agent de l’état et chef du quartier Singa mupepe, non loin du petit marché Rail à Lingwala. Pour ceux qui l’on côtoyé, Petit Pierre fut très jovial, très ouvert toujours attaché à la musique congolaise moderne de sa génération et à sa bière préférée  » La Mous Fondation » qu’il prenait avec délectation à l’espace  » Tango ya ba Wendo-1000 ans » sur l’avenue Nyangwe ».

Retour sur une interview exclusive accordée à votre rédaction sur le fondateur de la Rumba congolaise.

Musique/chansons souvenirs : » la Rumba congolaise c’est Franco et l’OK Jazz avec la danse Odemba et non Kalle Djeff, Tabu Ley, Koffi, Werra et autres (Petit Pierre, ancien batteur et rescapé d’Africa Jazz à la table ronde)

Petit Pierre, ancien batteur de l’orchestre Africa Jazz

Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de sphynxrdc.com, l’un des rescapés de l’orchestre le plus mythique de la musique congolaise Africa Jazz créé par Kabasele Joseph dit » Grand Kalle, Pierre Yantule Elengesa alias Petit Pierre, soutient sans ambage que l’orchestre Ok Jazz de Franco Luambo Makiadi reste le précurseur de la Rumba congolaise :

» Tsa tsha tsha, Tango, Boléro, bouché, ce n’est pas ça la Rumba congolaise. S’il faut parler de la Rumba congolaise, c’est l’école Odemba imposée par Franco Luambo Makiadi et son Ok Jazz«

Extrait Odemba: « Aya la Rumba » avec Ok Jazz en 1958

L’ancien batteur de l’orchestre Africa Jazz aujourd’hui Chef du quartier Singa Mopepe dans la commune de Lingwala souligne que la Rumba congolaise se fonde, essentiellement, sur la percussion ( Tam- Tam):

« La Rumba congolaise c’est Franco et l’Ok Jazz avec la danse Odemba et non Kalle Djeff, Tabu Ley, Koffi, Werra et les autres. C’est Kalle Djeff qui avait apporté la batterie autrement dit All control quand il a amené les expatriés comme les Manou et autres. La Rumba congolaise est, exclusivement, composée d’instruments traditionnels comme le Tam-tam, Mukwasa, maracas et autres qui ont disparus de notre musique. Il faut reconnaître que même Wendo Kolosoy avec sa guitare n’a jamais fait la Rumba congolaise. C’est bien après que tous, Kalle Djeff, Tabu Ley Rochereau et les autres, se sont plongés dans l’Odemba. On retiendra aussi que c’est Kalle Djeff qui fut le premier à introduire la danse luba » Mutswashi » dans la Rumba congolaise après le voyage de Cuba où je pris part. C’est ainsi que nous aurons des chansons comme Parafifi de Kabasele, Naweli Boboto de Vicky, etc.

Chez là bas avec Africa Jazz

« La Rumba congolaise se résume par une danse exhibée par un groupe des personnes sous fond de Tam-tam sans transpirer, c’est la danse du nombril », a-t-il martelé.

Parafifi de Kalle Djeff

Yantule Elengesa a fini par remercier le chef de l’état Félix Tshisekedi, président en exercice de l’Union Africaine, pour la concrétisation de ce projet qui dure depuis 62 ans, ainsi que la Ministre de la Culture et des Arts. Il demande aux congolais de s’approprier de cette œuvre d’esprit inscrite dans le patrimoine de l’UNESCO :

» les ouest-africains ont toujours leurs instruments traditionnels et leurs griots et nous c’est la Rumba congolaise, c’est cela notre identité partout où nous passerons, avec nos frères de l’autre rive de Brazzaville« .

Ce dernier n’a pas hésité à rendre hommage au général Defao Matumona : » C’est quelqu’un qui a contribué comme les autres au rayonnement de la musique congolaise. Ce n’est pas pour rien que l’on le surnom ait Général, ce fut un meneur des troupes ».

A la question de savoir pourquoi Kalle Djeff l’avait surnommé Petit Pierre, ce dernier, souriant, dit:

» J’étais le plus jeune du groupe et toujours à la réserve. Curieusement, il inscrivit mon nom sur la liste des musiciens qui devraient agrémenter la soirée de la Table ronde de Bruxelles. Je n’ai jamais compris ce choix alors qu’il avait un titulaire ». Peut être parce qu’il avait compris que pour un jeune de mon âge de cette époque qui rêvait tous de voir l’Europe puis mourir, c’était plus que suffisant. Pas question de poser la question sur le bifteck« !

souvenir Ok Jazz avec Kekele

 

La rédaction de sphynxrdc présente ses très sincères condoléances à toute la famille biologique de l’illustre disparu et à tous les mélomanes de la bonne musique congolaise moderne.

 

Don Petit N’Kiar

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