Ce jeudi, la presse congolaise revient largement sur cette séance houleuse qui pourrait marquer un tournant décisif dans le débat sur les réformes institutionnelles en République démocratique du Congo à l’Assemblée nationale.
Le Potentiel rapporte que les discussions sur l’examen de la proposition de loi relative au référendum se sont ouvertes à la chambre basse du Parlement dans une atmosphère déjà tendue. Le quotidien souligne que ce texte figurait parmi les priorités de la plénière du mercredi 27 mai 2026, aux côtés de plusieurs autres matières importantes, notamment les projets de loi sur le contenu local et la sous-traitance ainsi que les rapports annuels de la CENI et du CSAC. Mais dès l’entame des échanges, note le journal, l’hémicycle s’est profondément divisé entre partisans et opposants à la réforme. Malgré le retrait de l’opposition de la salle du Congrès, les débats se sont poursuivis avant que le texte ne soit finalement envoyé à la Commission politique, administrative et judiciaire (PAJ) pour examen approfondi.
Infos 27 explique que ce retrait de l’opposition visait à dénoncer ce qu’elle considère comme un « passage en force » orchestré par la majorité présidentielle sur une question jugée particulièrement sensible. Le tabloïd rapporte que le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a immédiatement réagi avec fermeté devant les députés : « Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière ». Selon le journal, cette déclaration traduit clairement la détermination de la majorité à poursuivre l’examen du texte malgré le boycott du groupe parlementaire Ensemble pour la République.
Le Phare revient lui aussi sur cette séance mouvementée et rapporte qu’Aimé Boji a tenu à recadrer le débat afin d’écarter toute accusation de violation de la Constitution. Le quotidien souligne que le président de l’Assemblée nationale a rappelé que la Constitution prévoit déjà le référendum et qu’une loi spécifique reste indispensable pour en fixer les modalités pratiques, à l’image de la loi électorale. Après cette mise au point, indique le journal, la plénière a continué avec les députés restés dans la salle, tandis que la Commission PAJ devra présenter son rapport final avant l’adoption définitive du texte puis sa transmission au Sénat.
La Référence Plus révèle pour sa part que la Commission politique, administrative et juridique a déclaré recevable la proposition de loi initiée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, sous réserve de plusieurs amendements. Le quotidien estime que cette étape constitue une avancée majeure pour un texte qui provoque déjà de nombreuses réactions au sein de la classe politique. Selon le journal, la proposition prévoit que le président de la République détienne le pouvoir exclusif de convoquer un référendum par ordonnance présidentielle. Le tabloïd ajoute également qu’en cas de dysfonctionnement grave des institutions, le chef de l’État pourrait mettre en place une commission nationale multidisciplinaire chargée d’identifier les dispositions constitutionnelles jugées inadaptées.
Forum des As rapporte enfin que le groupe parlementaire Ensemble a officiellement suspendu sa participation aux plénières consacrées à l’examen et au vote de cette proposition de loi. Dans une déclaration lue par Christian Mwando, l’opposition dénonce une procédure précipitée et biaisée qui risquerait d’affaiblir davantage le processus législatif. Pour le quotidien, cette décision marque un tournant important dans le bras de fer entre majorité et opposition autour du référendum, devenu en quelques heures l’un des sujets les plus explosifs de l’actualité politique congolaise.
Alors que la proposition de loi poursuit désormais son parcours parlementaire au sein de la Commission PAJ, le climat politique reste particulièrement électrique. Entre volonté affichée de la majorité d’aller jusqu’au bout et opposition déterminée à dénoncer une réforme qu’elle juge dangereuse, le débat sur le référendum s’annonce comme l’un des plus sensibles de ces dernières années en RDC.
NGK

