La République démocratique du Congo se réveille ce mardi sous une double actualité : l’inquiétante progression de l’épidémie d’Ebola dans l’Est du pays et le durcissement du ton du gouvernement contre l’exploitation minière illégale. Ces deux dossiers dominent largement les colonnes des journaux parus ce matin, sur fond d’angoisse sanitaire et de tensions autour de la gouvernance des ressources naturelles.
Le Potentiel dresse un tableau alarmant de la situation épidémiologique et s’interroge avec gravité sur la capacité de la communauté internationale à contenir la 17ème épidémie d’Ebola qui frappe la RDC. Citant le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le quotidien évoque une propagation rapide du virus entre la RDC et l’Ouganda, avec un bilan présumé déjà estimé à 220 morts.
Le Potentiel, dans son éditorial « À haute voix », relaie également la profonde inquiétude du Professeur Jean-Jacques Muyembe, figure emblématique de la lutte contre Ebola. Le médecin dénonce le manque d’implication de l’État congolais dans la riposte sanitaire, affirmant que l’Institut national de recherche biomédicale ne survit que grâce aux financements extérieurs, notamment américains.
Infos27 met en lumière une grave faille dans le dispositif de suivi sanitaire. Selon les données présentées lors du briefing du ministre de la Santé, plus de 1 300 personnes identifiées comme contacts potentiels échappent actuellement au contrôle des autorités sanitaires.
Infos27 précise que sur 1 745 cas contacts recensés, seules 351 personnes ont pu être localisées, laissant craindre une circulation incontrôlée du virus dans plusieurs zones de l’Est du pays.
L’Agence Congolaise de Presse (ACP) confirme également cette rupture inquiétante de la chaîne de surveillance épidémiologique en RDC.
Le Phare rapporte que l’Union européenne a débloqué une enveloppe de 15 millions d’euros pour soutenir la riposte, tandis que l’Afrique du Sud apporte une contribution de 5 millions de dollars afin de renforcer les capacités de réponse sur le terrain.
Actualite.cd annonce que l’épidémie commence aussi à produire des conséquences diplomatiques et régionales. Le média révèle que le Rwanda a décidé de renforcer drastiquement les contrôles à ses frontières et de restreindre l’accès aux voyageurs en provenance de la RDC afin d’éviter toute propagation du virus sur son territoire.
Congo Nouveau rapporte qu’un autre dossier brûlant animait lundi l’Assemblée nationale avec l’audition du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, dans le cadre d’une question orale avec débat initiée par le député Pierre Sumeyi Kitenge.
Congo Nouveau souligne également que le ministre a répondu avec assurance aux préoccupations des députés sur les questions sensibles liées à la gouvernance minière et à l’exploitation illicite des ressources du pays.
Infos27 rapporte par ailleurs que le gouvernement prépare une vaste opération de nettoyage du secteur minier. Devant les élus nationaux, Louis Watum Kabamba a annoncé une série de mesures musclées visant les réseaux clandestins étrangers opérant notamment dans le Maniema, le Lualaba et le Sud-Kivu.
Infos27 révèle que le plan gouvernemental prévoit notamment l’assainissement du cadastre minier, la fermeture immédiate des sites illégaux, la saisie des équipements utilisés dans l’exploitation frauduleuse, des poursuites judiciaires contre les contrevenants ainsi que l’expulsion systématique des ressortissants étrangers impliqués dans les activités minières illicites.
Entre la menace d’une nouvelle catastrophe sanitaire et la volonté affichée de reprendre le contrôle des richesses minières nationales, la RDC traverse une séquence particulièrement sensible où les défis sécuritaires, sanitaires et économiques semblent désormais se superposer.
NGK

