À l’occasion de la Journée internationale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement durable, célébrée jeudi 21 mai à Kisangani, chercheurs, enseignants et étudiants ont lancé un appel fort en faveur de la sauvegarde des langues locales, considérées comme un pilier essentiel de l’identité culturelle congolaise.
Organisée par le Centre de recherche en langues et cultures africaines (CRLCA), la conférence a réuni plusieurs acteurs du monde académique autour de la question de la disparition progressive des langues vernaculaires face à l’influence grandissante des langues étrangères, notamment le français et l’anglais.
Au cours des échanges, le professeur Mombaya Liwila Nicolas, directeur général ai du CRLCA et responsable du laboratoire Patrimoine, langue et biodiversité de l’Université de Kisangani, a insisté sur la valeur historique et culturelle des langues locales. Selon lui, ces langues ne servent pas uniquement à communiquer, mais constituent également une mémoire collective indispensable à la transmission des savoirs traditionnels et des valeurs ancestrales.
<< Les langues locales constituent une mémoire collective. Elles permettent de transmettre la culture, les valeurs et les connaissances héritées de nos ancêtres >>, a-t-il déclaré devant les participants.
Le chercheur a exprimé son inquiétude face au désintérêt croissant de la jeunesse pour les langues maternelles. Pour lui, cette tendance met en péril plusieurs langues congolaises qui risquent de disparaître avec une partie importante du patrimoine culturel des communautés.
Face à cette situation, il a plaidé pour une intégration effective des langues nationales et locales dans le système éducatif congolais. Il a également encouragé les parents à initier les enfants à leurs langues maternelles dès le bas âge afin de renforcer leur enracinement culturel.
<>, a-t-il soutenu.
Les participants ont également souligné le rôle crucial des médias dans la promotion et la valorisation des langues africaines. Ils estiment que la radio, la télévision et les plateformes numériques peuvent contribuer à sensibiliser les communautés sur l’importance de préserver ces langues, perçues comme des outils de cohésion sociale, de paix et de transmission culturelle.
À travers cette activité scientifique, le CRLCA entend poursuivre ses actions de promotion des langues et cultures africaines à Kisangani, dans un contexte où la mondialisation accentue les risques d’uniformisation culturelle.
Guillaume YALANGA





