La présence croissante des enfants déplacés dans les artères de Kisangani inquiète de plus en plus les habitants. Ces mineurs, issus des familles touchées par le conflit communautaire Mbole-Lengola, passent leurs journées à mendier aux marchés, aux carrefours et devant certains commerces, dans une indifférence qui choque plusieurs observateurs sociaux.
Cette situation intervient pourtant après le lancement, il y a quelques mois, d’un programme pilote initié par le Fonds National de Réparation des Victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) en faveur des communautés affectées vivant dans les sites de déplacés.
Le projet prévoyait notamment des séances d’alphabétisation fonctionnelle et un accompagnement destiné à aider les bénéficiaires à développer des activités génératrices de revenus afin de réduire leur dépendance humanitaire. Mais aujourd’hui, plusieurs bénéficiaires affirment que les activités ont été arrêtées sans aucune explication officielle.
Au centre construit près de l’hôpital de la SNCC pour accueillir les apprenants, le décor est désolant. Des herbes envahissent les installations abandonnées, tandis que les salles autrefois animées sont désormais désertes. Pour plusieurs habitants, cette image traduit l’échec d’un projet qui avait pourtant suscité beaucoup d’espoir parmi les déplacés, regrette un chef de ménage déplacé rencontré dans un site d’accueil.
Des acteurs de la société civile dénoncent également le manque de suivi des initiatives en faveur des victimes du conflit Mbole-Lengola. Selon eux, l’arrêt des programmes sociaux aggrave la précarité des familles déplacées et expose davantage les enfants à la rue, à la faim et à différentes formes d’exploitation.
Au-delà de l’aspect humanitaire, plusieurs analystes estiment que cette situation risque de compromettre les efforts de cohésion sociale et de stabilisation communautaire dans la province de la Tshopo. Pour eux, les programmes de réparation ne devraient pas se limiter à des annonces, mais produire des résultats durables et visibles sur le terrain.
Face à cette réalité, des interrogations persistent : Pourquoi les activités de la FONAREV ont-elles cessé sans communication publique ?
Quel est le bilan réel du programme pilote lancé dans les sites de déplacés ?
Quelles structures prennent actuellement en charge les enfants en situation de vulnérabilité ?
Les autorités provinciales suivent-elles réellement l’évolution des conditions de vie des déplacés ?
Que deviennent les infrastructures financées pour l’encadrement des victimes ?
Pendant que ces questions restent sans réponses officielles, les enfants déplacés continuent d’errer dans les rues de Kisangani, symbole visible d’une crise sociale qui peine encore à trouver une solution durable.
Trésor Makaya





