Le chiffre donne la mesure du chantier : plus de 300 000 agents et fonctionnaires de l’État auraient déjà atteint ou dépassé l’âge statutaire de la retraite en République démocratique du Congo. Réuni vendredi 28 août 2026 sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, le Conseil des ministres a placé le rajeunissement de l’administration publique parmi les priorités, avec l’instruction d’accélérer un processus présenté à la fois comme une nécessité administrative et une exigence de justice sociale.
Le constat dressé par le chef de l’État est particulièrement préoccupant : l’administration congolaise compte encore parmi ses effectifs des septuagénaires, octogénaires, voire des nonagénaires toujours en activité. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette situation pèse sur la performance des services publics, ralentit le renouvellement générationnel, réduit les perspectives d’évolution des jeunes agents et exerce une pression considérable sur la masse salariale de l’État.
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Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu dépasse donc la simple question des départs à la retraite. Il s’agit de transformer progressivement une administration vieillissante en une administration « moderne, performante et au service du citoyen ». Le Gouvernement devra ainsi présenter, secteur par secteur, l’état d’avancement des mises à la retraite prévues pour 2026 ainsi que les projections pour 2027.
Le chef de l’État veut surtout rompre avec une gestion ponctuelle du dossier. Il a demandé l’élaboration d’un plan trimestriel permanent de mise à la retraite, couvrant aussi bien le régime général que les régimes particuliers. L’objectif affiché est de garantir aux agents concernés un départ digne, notamment à travers le paiement effectif des indemnités de fin de carrière et des pensions par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État.
Reste la question, toujours sensible, du financement. Pour éviter que les contraintes de trésorerie de l’État ne paralysent le processus, le Président préconise des mécanismes de financement « innovants et pérennes », notamment par la mobilisation des partenaires bancaires ainsi que la valorisation des réserves et placements de la sécurité sociale des agents publics.
Cette réforme pourrait ainsi devenir l’un des grands tests de la capacité de l’État congolais à renouveler ses propres structures. Après les opérations de mise à la retraite engagées en 2022 et 2025, jugées encore insuffisantes par la présidence, Kinshasa entend désormais passer à une cadence plus régulière. Derrière les statistiques et les impératifs budgétaires, c’est la question de la relève générationnelle et de l’efficacité de l’État qui se trouve posée.
NGK





