Nouveau rebondissement dans le procès de l’affaire FRIVAO. L’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, a quitté l’audience de la Cour de cassation ce lundi, dénonçant ce qu’il qualifie de graves irrégularités dans la procédure engagée contre lui.
Face aux juges, l’ancien garde des Sceaux a affirmé que sa citation à comparaître comportait de « fausses mentions » qui auraient été introduites par les greffiers. Estimant que ces anomalies entachent la régularité de la procédure, il a également reproché au tribunal de grande instance de la Gombe d’avoir refusé d’enregistrer la plainte qu’il dit avoir déposée contre l’un des greffiers impliqués dans le dossier.
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Constant Mutamba a, en outre, dénoncé le refus de la Cour de lui permettre de soulever des exceptions de procédure avant l’examen du fond de l’affaire. Pour lui, poursuivre les débats dans ces conditions reviendrait à cautionner des violations de ses droits. « Je préfère boire la ciguë comme Socrate », a-t-il lancé, avant de quitter la salle d’audience, dans une déclaration à forte portée symbolique.
Cette sortie spectaculaire intervient alors que l’ancien ministre comparaît aux côtés de Chancard Bukolela, ancien coordonnateur du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Les deux prévenus sont poursuivis pour des décaissements contestés portant sur plusieurs millions de dollars, dans un dossier suivi de près par l’opinion publique.
Avant de quitter la cour de cassation, Constant Mutamba est également revenu sur le contexte de la relance de cette procédure. Selon lui, celle-ci est intervenue après la célébration de la qualification de la RDC, organisée à l’esplanade du Palais du Peuple en présence du président Félix Tshisekedi, au cours de laquelle des milliers de Congolais avaient, d’après lui, réclamé « la libération d’un innocent », en scandant son nom. L’ancien garde des Sceaux affirme que le chef de l’État avait alors déclaré avoir entendu ces revendications populaires. Il soutient que c’est à la suite de cet épisode que « des personnes animées par la haine ou déterminées à en finir avec lui » auraient décidé de relancer le dossier judiciaire afin de le « clouer une deuxième fois ». Constant Mutamba a ajouté qu’il détiendrait des enregistrements audio ainsi que des échanges qu’il considère comme des éléments étayant ses accusations, sans toutefois les rendre publics au cours de l’audience.
Le départ de Constant Mutamba de l’audience ouvre un nouvel épisode dans cette procédure judiciaire sensible, dont l’issue pourrait avoir d’importantes répercussions tant sur le plan judiciaire que politique. La Cour de cassation devra désormais décider de la suite à réserver à ce procès marqué, dès ses premières audiences, par de vives contestations procédurales.
NGK





