La diplomatie congolaise poursuit son offensive sur la scène internationale tandis que, sur le front intérieur, le dialogue national et inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi continue de redessiner le paysage politique. Ce jeudi, les principaux médias congolais reviennent largement sur ces deux dossiers qui dominent l’actualité.
À New York, la République démocratique du Congo a profité de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour remettre au centre des débats le lien entre l’exploitation illicite des ressources naturelles et l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Infos 27 rapporte que la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a porté devant le Conseil de sécurité le message du président Félix Tshisekedi. La cheffe de la diplomatie congolaise a plaidé pour que la lutte contre le pillage des minerais devienne une priorité internationale, estimant que l’assèchement des circuits illicites de financement constitue une condition indispensable au retour d’une paix durable dans l’Est de la RDC.
Dans la même dynamique, l’Agence Congolaise de Presse (ACP) souligne l’appel du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en faveur de mesures concrètes destinées à mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles, principale source de financement de nombreux groupes armés opérant dans les zones de conflit.
Si cet engagement est salué, Le Potentiel s’interroge néanmoins sur son efficacité. Sous le titre « Pillage des minerais en RDC : le plaidoyer de Guterres interroge l’efficacité de l’action de l’ONU », le quotidien estime que les déclarations de principe devront désormais être suivies d’actions tangibles pour produire des effets sur le terrain.
Sur le plan politique, le dialogue national et inclusif voulu par le chef de l’État continue d’alimenter les débats. L’Observateur s’intéresse aux principaux sujets qui pourraient être inscrits à l’ordre du jour des futures assises, notamment la paix dans l’Est, l’organisation des élections de 2028 ainsi que la question sensible d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution.
Le journal relève également que la désignation de la CENCO et de l’ECC comme facilitateurs du processus a contribué à décrisper le climat politique. Dans cette dynamique, la Coalition Article 64 (C64) a suspendu sa marche de protestation afin de laisser une chance aux négociations, tout en maintenant son ultimatum fixé au 15 août pour la convocation effective du dialogue.
À l’international, Infos 27 rapporte que la Belgique apporte son soutien à cette initiative. À l’occasion de la fête nationale belge, l’ambassadrice Roxane de Bilderling a exprimé son appui au dialogue inclusif comme cadre de recherche d’un consensus national, tout en réaffirmant la condamnation de l’agression rwandaise contre la RDC.
Sur le web, Actualité.cd met en avant les conditions posées par l’opposant Delly Sesanga pour participer aux discussions. Le président d’Envol affirme que la Constitution demeure une « ligne rouge » et exclut toute remise en cause de la loi fondamentale, tout en prenant acte du report des manifestations de rue.
Enfin, Le Potentiel rappelle que, malgré l’ouverture au dialogue, la Coalition Article 64 ne renonce pas à son combat politique. Le journal insiste sur la détermination de l’opposition à maintenir l’échéance du 15 août comme date butoir pour la convocation officielle des assises nationales.
Entre la bataille diplomatique menée à New York pour tarir les financements des groupes armés et les tractations politiques autour du dialogue national, la RDC se retrouve engagée sur deux fronts complémentaires : convaincre la communauté internationale d’agir contre le pillage de ses ressources et construire, en interne, les conditions d’un consensus politique capable de consolider durablement la paix.
NGK

