La République démocratique du Congo demeure un pays fascinant. Un pays où la politique semble parfois écrite par des dramaturges plus que par des stratèges.Pendant des années, le pouvoir nous a expliqué que le dialogue inclusif était inutile, voire dangereux. Ceux qui en parlaient étaient soupçonnés de faiblesse, d’arrière-pensées politiques ou même de complicité avec l’ennemi.Lorsque Vital Kamerhe avait plaidé pour une approche fondée sur la négociation au moment de la chute de Bunagana, il avait été violemment critiqué. Certains l’avaient même traité de traître. À l’époque, le mot « dialogue » était presque devenu un gros mot dans le vocabulaire politique congolais.Et voilà qu’aujourd’hui, le Président Félix Tshisekedi annonce son engagement en faveur d’un dialogue national inclusif, avec la CENCO et l’ECC comme médiateurs. Ce changement de cap est rapporté par plusieurs médias congolais. ouragan.cd Faut-il s’en réjouir ? Oui. Parce qu’un dialogue vaut toujours mieux que des cercueils.Parce qu’aucune victoire militaire ne ramènera les milliers de Congolais déjà morts.Parce que les déplacés, les orphelins et les veuves auraient préféré voir les responsables politiques dialoguer avant que les armes ne parlent.
Mais une autre question mérite d’être posée avec sérénité :Pourquoi avoir attendu si longtemps ?L’histoire est parfois cruelle.Les idées qualifiées hier de trahison deviennent aujourd’hui des politiques d’État.Les propositions rejetées finissent par être reprises lorsque la réalité impose sa loi.
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Ce constat ne vise pas à distribuer des certificats de raison ou des brevets de patriotisme. Il invite simplement à une réflexion : en politique, le temps perdu se paie souvent en vies humaines. L’humilité constitue peut-être la qualité la plus difficile à exercer au pouvoir. Reconnaître qu’une option autrefois rejetée mérite finalement d’être explorée n’est pas une faiblesse. C’est parfois une nécessité imposée par les faits.
Espérons que ce dialogue ne soit pas un simple exercice de communication, mais une véritable recherche de solutions durables, inclusives et courageuses. Car si les Congolais peuvent pardonner beaucoup de choses, ils ne pourront jamais faire revenir ceux qui sont tombés. Et l’Histoire, elle, retiendra toujours cette question :Si le dialogue devient aujourd’hui la solution, pourquoi ne l’était-il pas hier ? Oh Félix… quel drama !
CLBB





