Face à la recrudescence des cas de maladie à virus Ebola en Ituri, le gouvernement congolais affiche sa volonté de renforcer le dispositif de riposte. En déplacement à Bunia, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, le Dr Roger Kamba, a rencontré ce vendredi 10 juillet les membres des équipes des Enterrements Dignes et Sécurisés (EDS), véritables acteurs de première ligne dans la lutte contre l’épidémie.
À l’Hôpital général de référence de Bunia, les échanges ont permis aux agents d’exposer sans détour les réalités de leur mission. Entre longues heures d’intervention, exposition permanente au risque de contamination et rejet social, les équipes EDS ont dénoncé des conditions de travail qu’elles jugent insuffisamment prises en compte. Elles ont notamment pointé les faibles primes de risque, les retards récurrents de paiement ainsi que l’absence de prise en charge alimentaire lors des interventions qui peuvent durer jusqu’à douze heures.
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« Nous travaillons parfois 12 heures d’affilée, sans manger, avec la peur et la stigmatisation. Nos primes ne suivent pas », a témoigné Sophora, cheffe de l’une des équipes EDS, illustrant le quotidien difficile de ces agents essentiels à la riposte.
Prenant acte de ces préoccupations, Roger Kamba a annoncé une série de mesures destinées à améliorer leur situation. Le ministre a indiqué que les cartes de paiement avaient déjà été mises à disposition afin d’accélérer le versement des rémunérations. Il a également annoncé une revalorisation des primes et des salaires des équipes engagées sur le terrain.
« Nous avons déjà disponibilisé les cartes de paiement pour accélérer la paie. J’instruis aussi la majoration de vos primes et salaires », a déclaré le ministre, tout en saluant « le courage et le sacrifice » de ces professionnels qui accomplissent une mission aussi délicate qu’indispensable.
Chargées d’assurer les enterrements des victimes d’Ebola dans le strict respect des protocoles sanitaires, les équipes EDS jouent un rôle déterminant pour interrompre les chaînes de transmission du virus. Leur travail, souvent méconnu par les communautés, les expose pourtant à des incompréhensions et à des actes de stigmatisation, en plus des risques sanitaires auxquels elles font face quotidiennement.
Cette visite ministérielle intervient dans un contexte marqué par une intensification de la vigilance sanitaire en Ituri, où plusieurs zones de santé enregistrent une résurgence de cas d’Ebola. Pour les autorités sanitaires, le renforcement des conditions de travail des équipes de première ligne constitue un levier essentiel pour améliorer l’efficacité de la riposte et préserver les acquis de la lutte contre cette maladie hautement contagieuse.
Les regards se tournent désormais vers la concrétisation des engagements pris par le ministre, attendue comme un signal fort de reconnaissance envers ces hommes et ces femmes qui, souvent dans l’ombre, participent à la protection de la santé publique en République démocratique du Congo.
NGK





