Le monde a rendu un dernier hommage à Norbert Likulia Bolongo, le tout dernier premier ministre du Zaïre.
Le général Norbert Likulia Bolongo, l’une des figures les plus marquantes de l’histoire politique, militaire et académique de la République démocratique du Congo, s’est éteint le 25 juin 2026, laissant derrière lui un parcours exceptionnel au service de l’État congolais.
Une fierté pour la Tshopo
Né le 8 juillet 1939 à Basoko, dans l’actuelle province de la Tshopo, Norbert Likulia Bolongo grandit dans l’ancienne Province Orientale, aujourd’hui Tshopo. Très tôt attiré par les études, il poursuit une brillante formation universitaire qui le conduit à obtenir un doctorat en droit ainsi qu’une spécialisation en sciences criminelles. Sa carrière académique lui permettra plus tard d’enseigner le droit dans plusieurs institutions prestigieuses, notamment à l’Université de Kinshasa, à l’Université de Lubumbashi et à l’Université d’Aix-Marseille en France.

Parallèlement à sa carrière universitaire, il embrasse la profession militaire et gravit progressivement les échelons jusqu’au grade de général d’armée. Juriste de formation, il occupe plusieurs fonctions importantes au sein des Forces armées zaïroises, notamment celles de procureur général militaire et d’auditeur général des forces armées. Son expertise lui vaut également une reconnaissance internationale dans les domaines du droit militaire et du droit humanitaire.
Salve mon Général

Au cours de sa longue carrière politique, le général Likulia Bolongo exerce diverses responsabilités gouvernementales. Il est successivement ministre de la Défense nationale, vice-Premier ministre, ministre des Affaires foncières, administrateur général de la Sûreté de l’État ainsi que ministre du Portefeuille. Son expérience et sa proximité avec les institutions de l’époque font de lui l’un des principaux acteurs du régime du maréchal Mobutu Sese Seko.L’un des moments les plus marquants de sa carrière intervient le 9 avril 1997 lorsqu’il est nommé Premier ministre du Zaïre par le président Mobutu. Il devient ainsi le dernier chef du gouvernement zaïrois avant la chute du régime. À la tête du gouvernement de salut national, il tente de gérer les derniers mois d’un pouvoir confronté à l’avancée des troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) dirigée par Laurent-Désiré Kabila. Son mandat prend fin avec la prise de Kinshasa en mai 1997 et la disparition du Zaïre au profit de la République démocratique du Congo.Après la transition politique, Norbert Likulia Bolongo demeure actif dans la vie publique. En 2006, il participe à l’élection présidentielle organisée dans le cadre du processus démocratique congolais, réaffirmant ainsi son engagement dans la vie politique nationale.Auteur de plusieurs ouvrages de référence en droit pénal, droit militaire et sciences pénitentiaires, il a contribué à la formation de nombreuses générations de juristes congolais. Ses travaux scientifiques restent encore aujourd’hui une référence dans les milieux universitaires et judiciaires.Au cours de sa vie, le général Likulia Bolongo reçoit de nombreuses distinctions nationales et internationales, parmi lesquelles la Légion d’honneur française, l’Ordre national du Mérite, l’Ordre de Léopold II de Belgique ainsi que plusieurs décorations africaines et zaïroises récompensant son parcours militaire, académique et politique.Marié à Marie-Godelive Nyota Ngongo depuis le 7 juillet 1961, il était père de huit enfants. Originaire de Basoko, il demeurait une personnalité emblématique de la province de la Tshopo, dont il était l’un des fils les plus illustres.

Décédé le 25 juin 2026 à l’âge de 86 ans, le général Norbert Likulia Bolongo laisse l’image d’un homme d’État, d’un militaire, d’un juriste et d’un intellectuel qui aura traversé plusieurs époques de l’histoire congolaise, depuis les premières années de l’indépendance jusqu’à l’ère démocratique contemporaine.

Quelques figures lokele à la cérémonie des obsèques du général Likulia Bolongo à Béatrice Hôtel
Trésor Makaya





