Au pied du Palais du Peuple, symbole de la souveraineté nationale, la journée de mobilisation de l’opposition a pris une tournure inattendue. Entre affrontements, dispersion des manifestants et intervention des forces de l’ordre, Martin Fayulu a dû être évacué après avoir été pris dans la tourmente.
Dès les premières heures de la journée, des milliers de militants et sympathisants de la coalition C64 avaient convergé vers le siège de l’ECiDé, sur le boulevard Triomphal. Drapeaux à la main, chants militants et effigies de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga donnaient le ton d’une mobilisation annoncée comme un signal fort contre ce que l’opposition qualifie de menaces sur l’ordre constitutionnel.
Lire aussi
Mais la tension est rapidement montée d’un cran. Sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, des affrontements ont opposé des militants de l’opposition à ceux de l’UDPS, notamment aux abords des sièges des partis ENVOL et FONUS. Des scènes de bousculades et de confrontations ont été signalées alors que les forces de l’ordre tentaient de contenir la situation.

Le point culminant de cette journée agitée s’est produit près du Palais du Peuple. Selon plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux, Martin Fayulu a été pris dans la confusion provoquée par les mouvements de foule et l’usage de gaz lacrymogènes. Le leader de l’ECiDé visiblement blessé a dû être soutenu puis évacué par son entourage sous les regards inquiets de ses militants.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune communication officielle n’a encore précisé la nature exacte ni la gravité des blessures ou du malaise dont aurait été victime l’opposant.
Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre d’un sit-in organisé par l’opposition autour de deux mots d’ordre majeurs : le rejet de toute tentative de balkanisation du pays et l’opposition à un éventuel changement de la Constitution. « Non à la balkanisation, non au changement de la Constitution. Nous rappelons à M. Tshisekedi qu’en 2028, qu’il le veuille ou non, il quittera le pouvoir », a déclaré Yves Badjoko, secrétaire national de la Ligue des jeunes de l’ECiDé.
Face à cette mobilisation, la police a considérablement renforcé sa présence autour du Palais du Peuple et dans plusieurs points stratégiques de la capitale. Des unités supplémentaires ont été déployées afin d’empêcher tout débordement susceptible d’aggraver une situation déjà extrêmement tendue.
Cette journée marque un nouvel épisode dans le bras de fer politique qui oppose le pouvoir à une partie de l’opposition. L’évacuation de Martin Fayulu, figure emblématique de cette contestation, risque de donner une dimension supplémentaire à une mobilisation qui se voulait avant tout un avertissement politique. Alors que Kinshasa retient son souffle, les regards se tournent désormais vers l’état de santé de l’opposant et vers les éventuelles réactions des autorités dans les heures à venir.
NGK




