Le rideau s’est levé sur la Coupe du monde 2026 dans une atmosphère électrique, et le Mexique n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire. Porté par plus de 80 000 supporters en fusion dans l’antre mythique de l’Azteca, le « Tri » a dominé l’Afrique du Sud (2-0) jeudi soir lors du match d’ouverture du Mondial, au terme d’une rencontre spectaculaire marquée par trois expulsions et une tension croissante jusqu’au coup de sifflet final.

Dès les premières minutes, les Mexicains ont affiché leurs ambitions. Sous les rugissements d’un stade entièrement acquis à leur cause, ils ont frappé très tôt grâce à Julian Quiñones. Profitant d’une erreur de relance du gardien sud-africain Ronwen Williams et d’une mauvaise maîtrise de Sphephelo Sithole, Erik Lira a récupéré le ballon avant de servir idéalement l’attaquant mexicain, qui n’a laissé aucune chance au portier adverse dès la 9e minute. L’Azteca a alors explosé de bonheur pour célébrer le premier but de cette 23e édition de la Coupe du monde.
Loin de se contenter de cet avantage, les hommes de Javier Aguirre ont continué à dicter le rythme. Omniprésent sur son aile, Quiñones a multiplié les offensives, frôlant même le doublé lorsqu’une frappe puissante est venue heurter le poteau peu avant la pause. En face, les Sud-Africains semblaient étouffés par l’événement et incapables de trouver des solutions offensives.
Le tournant du match est intervenu dès le retour des vestiaires. Déjà en grande difficulté, Sphephelo Sithole a vu rouge après avoir stoppé irrégulièrement Brian Gutierrez qui filait seul vers le but. Réduite à dix, l’Afrique du Sud a alors commencé à se fissurer.
Quelques minutes plus tard, le public mexicain assistait à un autre moment historique. À seulement 17 ans et 240 jours, Gilberto Mora est entré en jeu pour devenir le plus jeune joueur à disputer une Coupe du monde avec une nation organisatrice. Une entrée qui a galvanisé encore davantage le stade.

Le coup de grâce est arrivé à la 67e minute. Sur un centre millimétré de Roberto Alvarado, Raul Jimenez s’est élevé plus haut que tout le monde pour placer une tête imparable et inscrire enfin son tout premier but en Coupe du monde. Un instant chargé d’émotion pour l’attaquant expérimenté, qui a attendu quatre éditions du tournoi pour débloquer son compteur mondialiste.
Alors que le sort du match semblait scellé, la rencontre a basculé dans une atmosphère de plus en plus nerveuse. Après intervention de la VAR, Themba Zwane a été expulsé pour conduite violente à la suite d’une altercation avec Alvarado, laissant l’Afrique du Sud à neuf joueurs. Puis, dans le temps additionnel, le Mexicain Cesar Montes a lui aussi été exclu après une faute sur Khuliso Mudau. Une fin de rencontre chaotique qui a porté à trois le nombre de cartons rouges distribués lors de cette première affiche du tournoi.
Au-delà du score, la domination mexicaine a été totale. Avec seize tirs, une présence constante dans la surface adverse et une maîtrise collective impressionnante, les coorganisateurs ont envoyé un message fort à leurs futurs adversaires. À l’inverse, l’Afrique du Sud a livré une prestation bien trop timide, ne se procurant que de rares opportunités et sombrant progressivement sous la pression.
Seize ans après le nul spectaculaire entre ces deux nations lors de l’ouverture du Mondial 2010, le remake a cette fois clairement tourné à l’avantage du Mexique. Dans une soirée mêlant passion, intensité, records et cartons rouges, les Aztèques ont offert à leur public le scénario rêvé : une victoire convaincante pour lancer leur Coupe du monde.

Le Mondial 2026 est officiellement lancé, et il a déjà trouvé son premier grand frisson.
NGK





