La nuit du lundi 9 mars 2026 restera gravée dans la mémoire des habitants de Limete comme une scène de chaos et d’impuissance. Dans cette commune de l’est de Kinshasa, la 7e rue s’est transformée en véritable champ de bataille lorsque deux gangs de « Kuluna » se sont affrontés avec une violence inouïe, semant la panique au cœur de la population, tandis que la police, pourtant présente sur les lieux, est restée spectatrice.
Les faits se sont déroulés aux abords du boulevard Lumumba, ligne de séparation entre deux bastions rivaux : le quartier Résidentiel et le quartier Industriel. Dans l’obscurité de la nuit, les « Kuluna » du quartier Résidentiel ont lancé une offensive contre leurs adversaires. Très vite, la bagarre s’est muée en affrontement brutal à coups de machettes, de pierres et d’objets contondants, plongeant les riverains dans la peur.
Selon les informations recueillies sur place, un membre du gang du quartier Résidentiel a été grièvement blessé au cours des échanges. La nouvelle de cette blessure a immédiatement mobilisé d’autres membres de son groupe, qui sont arrivés en renfort. La tension est alors montée d’un cran, transformant la confrontation en une vague de violence incontrôlée.
Pris de panique, plusieurs habitants ont fui leurs maisons pour se mettre à l’abri. Les malfrats, eux, ont profité du désordre pour s’en prendre aux biens des passants et des commerçants. Téléphones, sacs, argent, tables et chaises ont été emportés ou détruits dans un déchaînement de vandalisme qui a laissé la rue dévastée.
Mais ce qui choque le plus les témoins reste l’attitude des forces de l’ordre. Un véhicule de la police était pourtant stationné non loin de la scène. Malgré cela, aucune intervention n’aurait été menée pour disperser les bandes ou sécuriser les habitants. « Ils étaient là, ils regardaient seulement », confie un riverain encore sous le choc.
Face à cette insécurité grandissante, la population de Limete lance un appel pressant aux autorités de Kinshasa. Les habitants réclament un renforcement immédiat de la présence policière et des actions fermes pour mettre fin au phénomène « Kuluna », qui continue de transformer certains quartiers de la capitale en zones de non-droit.
Car pour les riverains de la 7e rue, une question demeure : combien de nuits de terreur faudra-t-il encore avant que l’État ne reprenne réellement le contrôle des rues de Kinshasa ?
NGK





