La société de télécommunication, la géante sud-africaine Mobile Telephone Networks Group (MTN) profite de la guerre en République démocratique du Congo, plus particulièrement, dans sa partie Est pour se taper des millions des dollars.

C’est ce qui vient d’être dénoncé par le gouvernement de la RDC, ce mercredi lors d’une importante réunion organisée par la première ministre Judith Suminwa entourée des ministres de Postes et télécommunications, Me José Mpanda, le président de l’ARPTC, Christian Katende, le président de l’Association des opérateurs des télécommunications (Assocel), Barthe N’tshabali accompagné par les représentants des sociétés des télécommunications affectées dans l’est de la RDC.
Des services des télécommunications opérant en toute illégalité
Les enquêtes menées par les services attitrés ont approuvé que c’est depuis plusieurs jours que la MTN-Rwanda est opérationnelle dans plusieurs sites sous occupation comme à Goma et à Rutshuru après avoir ravi aux opérateurs des télécoms légalement établis en RDC (Vodacom, Airtel et Orange) leurs installations . Elle s’arroge le droit de fournir illégalement les services de téléphonie mobile et d’accès à l’internet aux clients de ce coin qui se comptent par milliers. Elle procède aussi publiquement à la vente de ses cartes SIM dans la ville de Goma et dans d’autres coins du Nord-Kivu, voire du Sud-Kivu où elle envoie son signal.
Une vraie aubaine ou buttin de guerre à ciel ouvert
Cette exploitation loin des règles internationales dans le secteur marque un tournant dans cette guerre qui se veut de plus en plus économique.
En effet, l’installation de la MTN de manière cavalière en République démocratique du Congo et son exploitation illégale des services des télécoms représentent un coulage des recettes énormes pour l’économie congolaise. Un vrai manque à gagner pour la RDC d’autant plus que ses produits sont consommés au Congo, mais les taxes sont payées au Rwanda.« Depuis quelques jours, écrit sur son site la Radiotélévision patriarcale d’Afrique (RTPA) basée à Butembo, MTN Rwanda a installé ses émetteurs sur une antenne Vodacom à Murambi, un quartier de Rutshuru-Centre, chef-lieu du territoire, couvrant déjà plusieurs entités comme Rutshuru-Centre, Kiwanja, Rubare et leurs périphéries. Un autre émetteur a été installé à Ntamugenga, et le troisième sera prochainement mis en service sur une antenne à Kibumba, dans le Nyiragongo. Dans ces entités, les cartes SIM et autres services MTN Rwanda et Ouganda se vendent déjà ».Un habitant de Rutshuru-centre, qui utilise déjà le réseau MTN-Rwanda pour sa connexion internet, a témoigné sur RTPA : « Nous avons déjà la connexion MTN. Ce n’est pas une antenne, mais un émetteur connecté à MTN. Il suffit d’insérer la carte SIM MTN Rwanda pour accéder au réseau. Cela couvre plusieurs zones. À Ntamugenga, MTN est déjà opérationnel, et on apprend qu’il sera bientôt installé à Kibumba également ».
Des plaintes en téléchargement

Il ressort de la réunion de ce mardi 10 février autour de la première ministre Judith Suminwa entourée du ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda, le président de l’ARPTC, Christian Katende, le président de l’Association des opérateurs des télécommunications (Assocel), Barthe N’tshabali accompagné par les représentants des sociétés des télécommunications affectées dans l’est de la RDC que l’Autorité de régulation de la poste et télécommunications du Congo (ARPTC) ne va lésiner sur aucune voie de droit pour le respect des lois et de la souveraineté numérique de la RDC. Une série des plaintes seront déposées auprès de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), de l’Association des Régulateurs de l’Afrique de l’Est (CRASA) dont la RDC est membres avec la Rura (le régulateur rwandais)) et MTN en tant qu’opérateur, mais aussi auprès de Africa50, banque qui investit avec MTN en Afrique, ainsi qu’auprès de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) sans oublier la GSMA (Groupe Spécial Mobile Association) pour que la MTN, pourtant cotée en bourse, dédommage la RDC pour cette exploitation illégale et frauduleuse sur son sol, des services des télécommunications.
Don Petit N’kiar


