À Kinshasa, l’heure n’est plus aux approximations ni aux vieilles habitudes. La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) monte au créneau et remet de l’ordre dans la perception de l’impôt sur les véhicules et de la taxe spéciale de circulation routière. Dans un contexte marqué par la lutte contre la fraude et la modernisation des régies financières, l’administration fiscale provinciale assume un virage résolument numérique.
Dans un communiqué officiel publié ce mardi 3 février, la DGRK annonce la poursuite de l’opération de perception de ces taxes, tout en apportant une précision de taille qui a surpris plus d’un automobiliste : aucune vignette physique n’est délivrée pour l’instant, malgré la reprise de la campagne de paiement pour l’exercice couplé 2024-2025.
Fin de la vignette autocollante, place au numérique
C’est une rupture assumée. Désormais, la vignette automobile n’existe plus que sous format électronique. Exit les autocollants sur le pare-brise, place à la traçabilité digitale. Le contrôle s’effectue directement à partir du système informatique de la régie financière, grâce aux données centralisées après paiement.
Concrètement, la vignette est matérialisée par un code QR, généré à partir du récépissé délivré après paiement bancaire via la plateforme officielle irms-dgrk.com. Ce code constitue l’unique preuve valable de régularité fiscale pour les véhicules circulant dans la capitale.
Une procédure verrouillée de bout en bout
La DGRK insiste : la souscription pour l’obtention de la vignette se fait exclusivement en ligne, via son portail officiel. Aucun circuit parallèle, aucune dérogation, aucune « facilité » hors système n’est tolérée. Cette clarification vise à couper court aux pratiques frauduleuses et aux réseaux informels qui prospéraient autour de la délivrance des vignettes physiques.
L’administration fiscale prévient sans détour : toute personne en possession d’une vignette obtenue en dehors du système officiel s’expose à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions légales en vigueur. Le message est clair : la complaisance appartient au passé.
Une réforme fiscale sous haute surveillance
Au-delà de la simple perception de l’impôt, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des recettes publiques à Kinshasa. Pour la DGRK, l’enjeu est double : sécuriser les recettes de la ville-province et restaurer la crédibilité de l’administration fiscale auprès des contribuables.
Reste désormais à voir si cette transition numérique, aussi ambitieuse que nécessaire, sera accompagnée d’un contrôle rigoureux sur le terrain et d’une sensibilisation suffisante des usagers. Car à Kinshasa, la réforme fiscale ne se joue pas seulement dans les systèmes informatiques, mais aussi dans la capacité de l’État à faire respecter la règle, sans faiblesse ni passe-droit.
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