Le secteur privé forestier de la République démocratique du Congo a marqué une étape décisive dans l’élaboration de la Politique Forestière Nationale (PFN), lors d’un atelier orchestré sous l’égide de la Fédération des Industriels du Bois (FIB) le mercredi 28 janvier à Kinshasa. Loin de se cantonner à un rôle périphérique, les concessionnaires forestiers ont pris la parole pour inscrire leur expertise au cœur de la réflexion stratégique nationale, dans le cadre d’un projet soutenu par le FGMC et l’Institut Forestier Européen (EFI).
Cet atelier a permis un examen scrupuleux et critique des résultats des consultations nationales et provinciales préalables. Les participants ont confronté la version préliminaire de la PFN (v01) aux réalités du terrain, opérant une lecture croisée des enjeux économiques, institutionnels, sociaux et environnementaux. De ces délibérations est née une série de recommandations visant à densifier le corpus politique, dans l’optique de renforcer l’efficacité et la légitimité de la future politique publique.
« Le secteur privé n’entend plus être cantonné à une fonction subalterne ; il se pose en partenaire stratégique de l’État pour la gouvernance forestière et le développement durable », a déclaré Gabriel Mola Motia, président de la FIB. Les industriels ont rappelé leur rôle structurant : investissement responsable, transformation industrielle, valorisation locale du bois, structuration des chaînes de valeur, création d’emplois et contribution à la transition écologique et climatique.
Pour que ce positionnement s’inscrive dans la durée, plusieurs leviers sont jugés essentiels : sécurisation juridique, compétitivité économique, rationalisation fiscale et parafiscale, amélioration du climat des affaires et valorisation du carbone forestier, assortis du respect strict de la responsabilité sociale et environnementale.
Dans une perspective plus large, la FIB recommande un élargissement de la Task Force PFN, aujourd’hui largement dominée par l’administration, afin d’y intégrer pleinement les composantes sectorielles. Selon les acteurs privés, cette inclusion est indispensable pour consolider le consensus et assurer l’appropriation collective des décisions, avant la validation finale du document.
À travers ces initiatives, le secteur privé forestier s’affirme comme un pilier incontournable de la PFN, réaffirmant que la politique forestière de la RDC ne saurait se concevoir sans la mobilisation stratégique de ceux qui en font vivre le terrain.
La Rédaction





