Un an jour pour jour après la prise de Goma, les rebelles du M23, appuyés par les forces rwandaises (RDF), ont pris pour cible les installations de Vodacom. Résultat : un black-out numérique qui paralyse communications et transactions dans l’Est de la RDC.
Lundi 26 janvier 2026 restera dans les mémoires comme une journée noire pour les habitants de Goma et des provinces environnantes. Le M23, épaulé par des militaires rwandais, a investi les installations de Vodacom, contraignant le personnel à leur ouvrir l’accès au data center. « En touchant un équipement sensible, ils ont coupé toute communication », explique Barthe N’tshabali, président de l’Association des opérateurs des télécommunications (Assocel).
Une tentative similaire avait échoué le week-end précédent chez Airtel, faute de personnel sur place. Cette fois, l’opération a réussi, avec des conséquences immédiates : le réseau Vodacom est paralysé dans le Nord et le Sud-Kivu, jusqu’à Kalemie dans le Tanganyika, plongeant des millions de personnes dans un quasi black-out.
Mobile money à l’arrêt : l’économie locale étranglée
La coupure de Vodacom a également mis hors service M-Pesa, le service de mobile money crucial pour la région. Depuis près d’un an, toutes les banques commerciales sont fermées dans les territoires occupés, et les transferts électroniques étaient le seul moyen de payer les fonctionnaires et de permettre la circulation de l’argent.
Pour les agents de l’État restés dans les zones occupées dont les salaires continuent d’être versés par Kinshasa via ces plateformes le choc est sévère. « C’est un véritable calvaire », confie un responsable local.
Réseaux saturés et menace sur Airtel
Suite à la paralysie de Vodacom, les autres opérateurs Airtel, Orange et Africell sont congestionnés. Selon Barthe N’tshabali, Airtel, qui détient 70 % de parts de marché dans l’Est du pays et dessert l’Ituri, le Haut-Uele, le Tanganyika, pourrait être la prochaine cible. « Si le centre de contrôle d’Airtel à Goma est touché, ce sera une catastrophe, même pour les rebelles qui ont besoin de la communication », avertit-il.
Quand la guerre s’invite dans le numérique
L’attaque de Vodacom illustre une nouvelle dimension du conflit dans l’Est de la RDC : la guerre des infrastructures numériques. En paralysant les réseaux, le M23-RDF ne se contente pas de couper les lignes ; il asphyxie l’économie, bloque l’administration et plonge les civils dans l’isolement.
Un an après la chute de Goma, cette attaque révèle que dans l’Est congolais, le champ de bataille s’étend désormais des collines aux fibres optiques.
Glad NGANGA





