Monsieur le Président Donald Trump ,
Je ne m’adresse pas à vous dans une supplication pour venir à la rescousse de mon pays, la RDC, mais en tant que citoyen du monde, qui par son métier de juriste connaît la valeur des engagements et des traités soumis à l’égide des principes du droit.
Le peuple congolais a porté beaucoup d’espoir dans votre engagement pour mettre fin à la guerre qui déchire l’est du pays et la région des Grands Lacs depuis 3 décennies.
Une guerre qui a déjà causé près de 10 millions de morts, des populations déplacées par millions et des centaines de milliers de femmes et d’enfants violentés ou violés ; sans parler des actes de barbarie qui défient l’entendement humain.
« Cette guerre n’a aucune raison d’être, en dehors des intérêts prédateurs sur les richesses minières de la République démocratique du Congo et de la volonté hégémonique du régime politico-militaire du Rwanda, dont les desseins sont similaires à ceux qui ont plongé l’humanité dans les heures sombres de son histoire » .
L’engagement de l’Amérique (alliée historique du Congo durant la période de la guerre froide) à travers le récent accord de paix, signé à Washington le 4 décembre 2025, a été perçu à travers tout le pays comme un acte politique majeur et porteur d’espoir pour mettre fin à cette barbarie.
Mais, à peine cet accord signé dans l’enceinte même du pouvoir américain, à Washington, et ce devant votre auguste personne, nous assistons à la prédiction des Cassandres avec sa violation flagrante par le pouvoir rwandais, opérant en soutien au groupe rebelle de sa propre création, l’AFC/M23, qui a décidé de vous défier et de défier l’ordre des nations en attaquant la ville d’Uvira, après celles de Goma et Bukavu.
« La parole et l’engagement de l’Amérique ne valent-ils plus rien devant une engeance cruelle et prédatrice, qui piétine les valeurs autour desquelles l’humanité se retrouve, celles du respect de la vie et des règles de droit universelles ?
Monsieur le Président Trump , c’est votre honneur et celui de votre grand pays qui est foulé aux pieds avec une arrogance insupportable.
Cela vous place dans la position d’un acteur de l’histoire. Car il s’agit ni plus ni moins que d’un choix civilisationnel : soit vous croyez au respect des droits universels pour tous les peuples, y compris les congolais et les africains ; soit vous vous accommodez de laisser prospérer sur nos terres des monstruosités qui ramènent l’humanité à un passé lugubre, prolongeant le calvaire de nos populations.
Monsieur le Président Trump ,
vous avez la faculté d’agir au nom des valeurs que vous et votre pays portez, et qui vous ont conduit à apporter votre parrainage à cet accord de paix.
Or, ces valeurs sont bafouées par le M23, une organisation dont le caractère terroriste des actes a été condamné à maintes reprises par les Nations Unies.
D’ailleurs, votre pays a déjà eu à sanctionner quelques uns de ses dirigeants et ceux du Rwanda.
Si les sanctions sévères ne suffisent pas à dissuader la commission de ces actes reconnus comme terroristes, alors il ne devrait pas y avoir de place pour la tolérance.
Sur d’autres théâtres de guerre, votre pays n’a pas fléchi pour traquer et neutraliser les chefs des organisations terroristes…
L’espoir de paix pour des millions de victimes congolaises vaut bien deux drones furtifs…
Le Congo attend de vous une réaction à la mesure de l’affront qui a été fait à la communauté de toutes les nations éprises de paix.
Un citoyen de la RDC,
Charles Kabuya
Cette lettre ouverte est inspirée de l’appel lancé en 1954, sous le titre « Donnez-moi deux bombardiers », par l’humaniste Raoul Follereau au président américain, D. Eisenhower, et aux dirigeants soviétiques pour que le prix de deux de leurs bombardiers stratégiques serve à l’éradication de la lèpre dans le monde.




