Alors que tous les regards sont tournés vers Washington où il est prévu la signature de l’Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, ce jeudi 4 décembre, les voix ne cessent de s’élever pour demander un dialogue à l’interne entre les forces vives de la nation congolaise.
Ce qui semble énerver le régime de Kinshasa qui estime que des multiples dialogues organisés sur le Congo se sont, généralement, soldé par le partage du pouvoir. Un front anti-dialogue qui a vu le jour au mois d’août vient de réunir 1 millions des signatures et compte saisir l’état pour la consolidation de cette démarche. Les anti-dialogue sont pour la guerre, seule issue contre l’agression rwandaise.
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Par contre, sous l’initiative des évêques des Églises catholiques et protestantes, une catégorie des congolais surtout ceux de l’opposition estime que le dialogue pourrait réunir les congolais autour d’une même table pour une paix durable dans la région des grands lacs.
Aux yeux de Martin Fayulu, François Lumumba, Moïse Katumbi, les Églises catholique et protestante du Congo, cette initiative constitue la seule option capable de désamorcer les tensions, de prévenir le spectre de la balkanisation, un risque qu’ils jugent réel, et de préserver l’unité nationale. Sans ce dialogue, affirment-ils, la paix restera un slogan vide, incapable de transformer la souffrance des populations en véritable apaisement.
Vivement une véritable paix des braves
L’on se souvient, cependant, de la déclaration de Félix Tshisekedi devant son ennemi juré, le rwandais Paul Kagame quand le chef de l’état Félix Tshisekedi lui avait , dernièrement, tendu la main pour une paix des braves à Paris.
Cette main renvoyée quelques heures seulement après cette déclaration par l’homme fort de Kigali. Le chef de l’état rwandais est revenu sans ambages à quelques jours du rendez-vous de Washington pour dire à son homologue qu’il n’est pas disposé à un quelconque arrangement surtout qu’il a les deux grandes villes du Nord et Sud Kivu entre ses mains avec un avantage sur les fronts de guerre où les M23 appuyés par l’armée rwandaise ne cessent de conquérir des territoires entiers.
Pour certains observateurs avertis, la vraie paix des braves ne peut venir que d’un dialogue national inclusif. C’est cette main que l’opposant Martin Fayulu a tendu à Tshisekedi fils :
» J’en appelle à Monsieur Félix Tshisekedi, et à tous les Congolais, à œuvrer pour la cohésion nationale, une cohésion véritable qui ne peut naître que d’un dialogue national inclusif. Monsieur Tshisekedi, au nom de notre peuple, meurtri mais toujours debout, je vous invite à convoquer sans délai le dialogue national, sinon l’histoire vous tiendra responsable de la balkanisation du Congo avec Messieurs Kagame et Kabila ».
Dans une déclaration faite ce mardi 2 décembre, l’opposant Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga appelle à une réaction politique forte et structurée. Pour lui, la poursuite de la guerre malgré l’accord de Doha démontre que les initiatives diplomatiques fragmentées ne suffisent plus. Katumbi plaide pour un dialogue inclusif piloté par la CENCO et l’ECC, estimant que seules des discussions réunissant toutes les sensibilités nationales pourraient apaiser les tensions et prévenir d’autres drames.
Dans une de ses dernières livraisons, voici ce que pense le très sérieux journal « Le Potentiel »:
Le vrai enjeu : reconstruire une communauté nationale fracturée
Mais ces mécanismes internationaux — aussi nécessaires soient-ils — ne suffiront jamais à panser les blessures internes. Le Congo souffre d’un déficit de confiance, d’une crise de leadership, d’une fragmentation identitaire profonde. Les conflits armés, l’impunité, les manipulations politiques et les rivalités internes ont érodé le sentiment d’appartenance national. Le risque n’est pas seulement la balkanisation territoriale ; c’est la balkanisation mentale et sociale, celle qui installe durablement des barrières entre les provinces, les communautés, les élites et les populations.
Un dialogue inclusif, bien préparé et réellement représentatif, serait donc plus qu’un simple forum politique : ce serait un acte de refondation nationale. Un espace nécessaire pour dire les vérités, reconnaître les échecs, redéfinir les priorités, refonder le pacte social et donner une vision claire au pays.
Conclusion : Le Congo n’a plus le luxe d’attendre
Le Congo est à la croisée des chemins. L’histoire a placé le pays devant un choix décisif : continuer à s’en remettre aux accords extérieurs et aux arrangements temporaires, ou engager un processus interne de reconstruction politique afin de prévenir l’effondrement progressif de l’unité nationale.
Les appels à un dialogue inclusif ne sont ni des caprices d’opposants ni des calculs politiques. Ils expriment un sentiment profond, partagé par une partie croissante de la population : celui qu’aucun avenir stable ne pourra se construire sans réunir les Congolais autour de la même table.
Plus le temps passe, plus le coût de l’inaction augmente.
Et si la véritable question n’était plus : faut-il un dialogue ?
Mais plutôt : combien de temps le Congo peut-il survivre sans ce dialogue ?
Au vu de ce tableau qui paraît comme une boussole, la paix des braves et la vraie, passe par le dialogue national inclusif.
»La fuite est la lâcheté des faibles tandis que le dialogue est preuve de force et intelligence »(Sandra Gressel)
La paix ne viendra ni de Doha, ni de Washington mais de la RDC.
Qui dit mieux ?
Sam Nzita





