En 1977, l’orchestre Super Mazembe connaît un immense succès avec la chanson « Kasongo ». Dans ce morceau devenu culte, Katele Aley qui est le plus grand compositeur du groupe, met en scène l’histoire d’une épouse abandonnée qui supplie son mari volage de regagner le toit conjugal. Le refrain, à la fois entêtant et entraînant, séduit le public et fait danser toute une génération. Pourtant, avec le temps, le titre tombe peu à peu dans l’oubli.
Près d’un demi-siècle plus tard, l’improbable se produit. La chanson renaît grâce à un pasteur et homme d’affaires ougandais qui, en pleine prédication, se met à entonner le refrain. La scène, filmée, relayée sur les réseaux sociaux devient virale. Très vite, « Kasongo » se propage au-delà de l’Ouganda, traversant le Kenya, la Tanzanie, la RDC et l’ensemble de l’Afrique de l’Est. Sur TikTok, les remixes cumulés dépassent les 42 millions de vues, transformant ce morceau oublié en véritable phénomène culturel.
Cette renaissance inattendue inspire une nouvelle vague d’artistes et de créateurs. Le comédien et influenceur congolais Chris Ndizi Bro, suivi par plus d’un million de fans, surfa sur la tendance en proposant des remixes humoristiques en version rap. À Lubumbashi, l’acteur de théâtre Sando Marteau annonça une performance scénique dédiée à « Kasongo », affirmant vouloir “immortaliser et pérenniser” cette chanson qui avait marqué son enfance.
Désormais, « Kasongo » s’invite partout : dans des sketchs comiques, des animations, des vidéos humoristiques, aussi bien en RDC qu’à l’étranger. Même le studio Choonde Mudenda en Zambie a cédé à la tentation de revisiter et remixer le morceau.
La célébrité retrouvée de cette rumba congolaise, près de cinquante ans après sa création, sonne comme un vibrant hommage rendu à Super Mazembe et au chanteur Katele Aley, rappelant à quel point certaines mélodies peuvent traverser le temps et renaître de façon inattendue.
Samuel Malonga





