La musique congolaise perd l’une de ses figures emblématique, Pierre Moutouari, apôtre de la rumba soukouss, est décédé le 8 octobre 2025 à Paris à l’âge de 75 ans, des suites d’une maladie. La nouvelle, annoncée sur les réseaux sociaux, a plongé ses admirateurs dans la stupeur et la tristesse.
Pierre Moutouari a commencé sa carrière en 1968, accueilli par son frère aîné, Kosmos Moutouari, au sein de l’Orchestre Bantou de la capitale. Très vite, il se distingue comme guitariste puis chanteur, à l’aise dans le soukouss qu’il contribuera à populariser. Il rejoint ensuite l’Orchestre Sinza Kotoko, créé sous le nom de Super Tumba en 1964 et rebaptisé Sinza Kotoko en 1968. Avec le groupe, il enchaîne les succès tels que Vévé nga na lingaka, Ma Loukoula ou Mavoungou, et reçoit la médaille d’or au Festival panafricain de la jeunesse à Tunis en 1973.
Mais au sommet de sa gloire, Pierre Moutouari quitte Sinza Kotoko et crée son propre groupe, Les Sossa, qui ne parvient pas à s’imposer et disparaît en 1975. Il entame alors une carrière solo et s’installe en banlieue parisienne à partir de 1979. C’est la période où il collabore avec le Guadeloupéen Jacob Devarieux, co-fondateur du célèbre groupe Kassav, ainsi qu’avec le guitariste Ignace Nkounkou, dit « Master Mwana Congo », et côtoie d’autres artistes comme Tanawa et Sammy Massamba.
Dès 1981, Pierre Moutouari enchaîne les succès qui marqueront l’histoire de la rumba congolaise. Son tube « Missengué » traverse les Deux Congo et conquiert l’Afrique de l’Ouest, devenant un hymne apprécié par des générations de mélomanes. Suivent d’autres grands succès comme « Julienne » et « Mahoungou », qui confirment son talent et sa place parmi les grandes voix de la rumba soukouss. Avec Sinza Kotoko, il avait également fait vibrer le public avec des chansons comme « Vévé nga na lingaka », « Ma Loukoula » ou « Mavoungou », qui lui avaient valu la médaille d’or au Festival panafricain de la jeunesse à Tunis en 1973. Ses chansons, mêlant rythme entraînant et mélodies douces, continuent de bercer les fans et de représenter un patrimoine musical inestimable des Deux Congo.
La guerre de juin-octobre 1997 à Brazzaville est un tournant tragique dans sa carrière. Dévastatrice, elle brise de nombreuses carrières, dont la sienne. Pierre Moutouari tente de se relancer, partageant son temps entre l’Afrique de l’Ouest et la France, donnant des concerts play-back et se consacrant à la production discographique. Il s’installe également à Pointe-Noire, où il tient un bar-dancing. Malgré quelques titres lancés, son étoile ne brille plus comme avant et il vit surtout de sa gloire passée.
À partir de 2006, il retourne en France et met sa carrière entre parenthèses en raison de problèmes de santé, à la suite d’une attaque cardio-vasculaire. Pourtant, son héritage reste immense : deux disques d’or récompensent sa contribution à la musique congolaise, et son style unique de rumba soukouss continue d’être adulé en Afrique de l’Ouest et dans les diasporas.
Pierre Moutouari laisse derrière lui une œuvre qui continuera de bercer des générations de mélomanes. À Dieu l’artiste, que son âme repose en paix.
Vive l’artiste !
Deb’s Bukaka





