L’Agence belge de développement Enabel a annoncé la suspension immédiate de ses activités dans plusieurs zones de santé du territoire d’Isangi, dans la province de la Tshopo, après le lynchage tragique de quatre agents de la Division provinciale de la Santé (DPS/Tshopo).
Le drame est survenu le 6 octobre 2025, dans les localités d’Ilambi et de Yanfira, à la suite de rumeurs infondées faisant état d’un prétendu phénomène d’atrophie génitale, une accusation superstitieuse qui a provoqué la colère et la violence d’une partie de la population locale.
Une décision motivée par la sécurité
Dans une lettre officielle adressée au Gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, et datée du 7 octobre 2025, Enabel a déclaré que ces actes représentaient des « incidents d’une extrême gravité », marqués par la perte tragique de partenaires locaux engagés dans les activités de santé publique.
« Enabel suspend jusqu’à nouvel ordre ses activités dans les zones concernées du territoire d’Isangi. Cette mesure restera en vigueur le temps que des conditions de sécurité adéquates soient rétablies », précise la correspondance signée par Prosper Ntema Kiyayila, Program Manager d’Enabel pour la Tshopo et le Sud-Kivu.
Un choc dans la communauté humanitaire
Cette suspension, selon l’agence, est avant tout une mesure de précaution destinée à protéger son personnel et ses partenaires.
Les violences d’Isangi ont suscité une vive émotion dans la communauté humanitaire et sanitaire, rappelant la fragilité du climat de confiance entre les intervenants extérieurs et certaines populations locales.
Appel à l’action des autorités
Enabel appelle les autorités provinciales et locales à prendre des mesures urgentes pour rétablir la sécurité et garantir la protection des acteurs du secteur de la santé, afin de permettre une reprise sereine de ses activités dans la région.
Un climat de peur à dissiper
Ce drame relance le débat sur la désinformation, les croyances mystiques et la violence communautaire qui continuent de freiner les efforts de développement dans certaines zones rurales.
Pour Enabel, comme pour de nombreuses ONG, la sécurité du personnel reste une priorité absolue, condition sine qua non pour poursuivre leur mission de soutien aux populations vulnérables.
La Rédaction





