Les journaux parus ce mercredi s’enflamment autour du verdict historique de la Haute Cour militaire de Kinshasa, qui a condamné l’ancien président de la République, Joseph Kabila, à la peine de mort.
À la Une, AfricaNews titre sans détour : « Joseph Kabila condamné à la peine de mort ». Le média rappelle que l’ex-chef de l’État a été jugé par contumace, poursuivi pour trahison et crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, en lien avec le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda.
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Le procès, ouvert le 25 juillet, s’est concentré exclusivement sur son rôle présumé dans le soutien à la rébellion. Dans son réquisitoire, l’auditeur général Jean-René Likulia Bakulia a dressé une liste accablante : viol, torture, déportation, homicide, trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
De son côté, Le Quotidien insiste sur le volet financier du verdict. La Haute Cour militaire condamne également Joseph Kabila à payer plus de 33 milliards de dollars à l’État congolais, aux provinces du Nord et du Sud-Kivu, ainsi qu’aux associations d’aide aux victimes.
Pour Infos 27, ce jugement s’inscrit dans un climat de violences accrues à l’Est, où le M23, soutenu par Kigali, a pris le contrôle de Goma et Bukavu en début d’année. Le journal souligne que les parties civiles avaient réclamé la reprise de l’instruction pour présenter de nouveaux témoins, mais ces derniers ne se sont pas manifestés.
Ce quotidien estime que ce procès constitue un tournant majeur dans la justice congolaise : il marque la volonté de responsabiliser les anciens dirigeants face aux crimes de guerre, envoyant un signal fort contre l’impunité.
Pour Le Potentiel, cette condamnation survient alors que se poursuivent les pourparlers de paix à Doha entre le gouvernement Suminwa et la coalition AFC/M23. Si Joseph Kabila est bel et bien derrière la rébellion, sa condamnation pourrait influencer – positivement ou négativement – la suite des négociations. Toutefois, ce journal relativise : l’application de la peine de mort paraît improbable, l’ancien président se trouvant hors d’atteinte de Kinshasa.
Dans un communiqué, le Front commun pour le Congo (FCC), regroupement politique de Joseph Kabila, fustige ce qu’il appelle une instrumentalisation politique de la justice. La Référence Plus rapporte que le FCC dénonce une « tragi-comédie judiciaire », un « meurtre annoncé » et une volonté de gouverner par la peur. Pour ce regroupement, le procès dépasse le cas individuel de Joseph Kabila et menace directement l’État de droit.
Enfin, Congo Nouveau donne la parole à Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, qui qualifie le verdict de « vaste blague », réaffirmant qu’il s’agit d’un procès politique. Selon lui et le FCC, cette condamnation illégale de bout en bout ne vise pas seulement un homme, mais toutes les conquêtes démocratiques du peuple congolais depuis vingt ans.
NGK





