Dans les ruelles animées de Masina, un bâtiment intrigue et choque à la fois. Derrière ses murs sans signalétique, il cache une réalité inconfortable : au rez-de-chaussée, une morgue privée baptisée « Séraphine Kilubu » ; à l’étage, des familles qui vivent, dorment et élèvent leurs enfants.
Ce voisinage inattendu entre dépouilles et habitants n’a rien d’anodin. Il soulève des inquiétudes profondes : respect des normes sanitaires, sécurité des résidents, mais aussi urbanisme et dignité humaine.
Un vide de régulation criant
Comment une morgue peut-elle fonctionner au cœur d’un quartier densément habité, à deux pas de commerces et d’écoles improvisées ? L’absence de signalisation et d’encadrement réglementaire interroge. Pour beaucoup, c’est le signe d’un laxisme qui met en danger la santé publique.
Une cohabitation lourde de conséquences
Au quotidien, les familles qui occupent l’étage vivent avec l’angoisse des odeurs, la peur des contaminations et la gêne psychologique de grandir « au-dessus de la mort ». Cette proximité forcée, dénoncent certains habitants, brouille la frontière entre espace de vie et lieu de repos éternel.
Face à ce paradoxe urbain, les habitants de Masina lancent un appel pressant aux autorités locales et provinciales. Ils réclament une intervention urgente pour encadrer ces pratiques, rappeler le respect dû aux morts et protéger la dignité des vivants.
À Masina, la question ne se pose plus seulement en termes d’urbanisme : elle touche à la fois à la santé publique, à la dignité humaine et au bon sens. Car une société ne peut s’épanouir là où la vie et la mort partagent le même toit.
NGK





