La colère gronde à Kinshasa près du Mausolée. Les vendeuses ambulantes et maraîchères de la capitale ne décolèrent plus face aux descentes récurrentes des policiers surnommés « Kabasele », accusés de confisquer brutalement leurs marchandises sans avertissement.
Hélène Amuni, une vendeuse de bananes, raconte à notre rédaction, la voix brisée par l’émotion :
« J’avais déposé le bassin de mes bananes et je suis partie chercher une table pour mieux les exposer. Soudain, ils sont arrivés avec leur véhicule et ont tout emporté. Je n’ai rien pu faire. »
Par peur d’être interpellée, la commerçante a préféré prendre la fuite. Elle affirme que ces policiers exigent parfois jusqu’à 500 000 francs congolais pour relâcher leurs victimes. Dans son cas, la perte immédiate est évaluée à 50 000 francs, tandis qu’une autre vendeuse a vu ses bananes, d’une valeur de 70 000 francs, disparaître dans la même opération.
Ces pratiques, devenues monnaie courante, suscitent un climat de terreur chez les petits commerçants. Les vendeuses dénoncent un système quasi organisé de rançonnement, où chaque descente se transforme en cauchemar.

À la veille de la rentrée scolaire, les cris d’alarme se multiplient. Pour ces mères de famille, le petit commerce n’est pas un choix mais une nécessité vitale :
« C’est grâce à cette activité que nous pouvons scolariser nos enfants. Nous interdire de vendre, c’est condamner nos enfants à errer dans les rues, avec le risque de les voir rejoindre demain les bandes de Kuluna », s’indigne-t-elle-.
Face à cette détresse, les commerçantes appellent les autorités à agir, afin que leurs efforts de survie ne soient pas réduits à néant par ceux qui devraient, au contraire, assurer leur protection.
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