Une scène pour le moins insolite s’est déroulée ce jeudi à Ngaliema, sur l’avenue Dona Béatrice. Le commissaire divisionnaire de la police, Israël Bankulu Kantu, chef de la police de la ville de Kinshasa, est arrivé personnellement sur les lieux pour réinstaller les frères maristes dans leur parcelle, après leur déguerpissement jugé illégal.
Quelques jours plus tôt pourtant, ce même haut responsable avait envoyé des éléments de la police judiciaire, épaulés par des civils qualifiés de « voyous », pour expulser les religieux. Selon des témoins, les biens avaient été saccagés, des objets volés, et les occupants contraints de quitter la parcelle.
Coup de théâtre, c’est ce même commissaire Bankulu qui, ce jeudi, est revenu avec d’autres policiers afin de déloger ceux qu’il avait lui-même envoyés. En cause, un jugement et un titre de propriété présentés comme faux, issus d’un réseau mafieux actif dans la capitale et, selon certaines sources, sur l’ensemble du territoire congolais.
« On ne comprend plus rien », s’indigne un voisin, témoin de la scène. « Hier, c’est lui qui faisait expulser les frères. Aujourd’hui, il revient pour les réinstaller. »
Cette affaire met en lumière le chaos judiciaire et administratif qui gangrène Kinshasa, où des réseaux parallèles prospèrent sur des décisions de justice falsifiées et des titres de propriété frauduleux. Pour beaucoup, elle illustre la confusion et les contradictions d’un système étatique miné par les intérêts personnels et la corruption.
La question reste posée : dans quel état d’esprit se trouve aujourd’hui le commissaire divisionnaire Israël Bankulu Kantu, acteur principal d’un spectacle qui résume, à lui seul, les dérives d’une société congolaise où la justice et l’autorité publique semblent vaciller au gré des influences ?
Wait and see…
GM





