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Dans une ville comme Kinshasa, où les infrastructures routières accusent un déficit chronique de maintenance et où la congestion des principaux axes est devenue presque structurelle, la gestion des travaux de voirie urbaine ne peut souffrir d’improvisation. Toute intervention sur les voies publiques, en particulier la fermeture de tronçons à forte fréquentation, doit être précédée d’une planification rigoureuse, d’une étude d’impact approfondie et de mesures d’accompagnement claires. À défaut, ces opérations deviennent des facteurs aggravants de la crise urbaine.
C’est dans ce contexte préoccupant que s’inscrit l’annonce par l’Hôtel de Ville de Kinshasa de la fermeture de l’avenue Kasa-Vubu, précisément au niveau du tronçon dit CABU. Cet axe constitue l’une des principales artères de la capitale congolaise, reliant plusieurs communes densément peuplées et servant de voie de transit à un trafic quotidien particulièrement intense.
Or, aucun plan de déviation n’a été communiqué à ce jour, laissant les usagers sans solution alternative. Une telle approche, marquée par un manque de communication et d’anticipation, risque d’aggraver des désordres déjà criants dans la circulation urbaine : embouteillages massifs, allongement des temps de parcours, retards dans la livraison de services essentiels (ambulances, sapeurs-pompiers, police, etc.), sans compter les pertes économiques indirectes liées au ralentissement des activités.
UNE GESTION DE LA MOBILITÉ A REPENSER
Ce cas révèle une problématique plus profonde : l’absence d’une véritable gouvernance de la mobilité urbaine à Kinshasa. La fermeture d’un axe de cette importance, sans étude de trafic, ni concertation avec les parties prenantes (transporteurs, riverains, entreprises de logistique, services de l’ordre…), illustre les limites d’une gestion centralisée et peu participative.
Une voirie bien entretenue et bien gérée devrait être un levier de fluidité et de développement. Mais mal anticipée, elle devient au contraire un vecteur de tension sociale, de paralysie économique et de dégradation de la qualité de vie.
POUR UNE APPROCHE PLUS INTÉGRÉE ET PARTICIPATIVE
Face à ces enjeux, il est impératif que les autorités urbaines adoptent une approche plus intégrée de la planification des travaux routiers, en tenant compte de :
• La cartographie des flux de circulation ;
• L’identification des nœuds de congestion majeurs ;
• La mise en place de plans de déviation bien balisés ;
• La communication proactive avec la population ;
• Et la coordination inter institutionnelle (police, transporteurs, services techniques).
Ce n’est qu’à cette condition que les travaux de réhabilitation ou d’entretien, bien que nécessaires, cesseront d’être perçus comme des menaces pour la stabilité urbaine.
Sé. Urbaniste KYANA BASILA Joel





