Le boulevard Triomphal s’est transformé ce vendredi en véritable théâtre d’affrontements entre forces de l’ordre, militants de l’opposition et sympathisants du pouvoir. Alors que les tensions semblaient atteindre leur paroxysme, un calme précaire est finalement revenu en fin d’après-midi autour du siège de l’ECiDé, où plusieurs leaders de l’opposition se sont retranchés après une violente dispersion de leur sit-in.

Au cœur de cette journée agitée, Martin Fayulu est apparu blessé à la tête mais déterminé à ne pas quitter les lieux. Malgré l’arrivée d’une ambulance venue évacuer les responsables de l’opposition touchés lors des heurts, le leader de l’ECiDé a catégoriquement refusé d’être transporté vers un centre médical. Selon son entourage, il attendrait l’arrivée d’une délégation de la MONUSCO avant d’accepter de quitter le siège de son parti.
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La scène a été particulièrement spectaculaire lorsque Fayulu, brièvement interpellé par des policiers, aurait été traîné au sol avant d’être récupéré par ses militants au terme d’une bousculade qui témoigne de l’extrême tension ayant régné sur le site. Quelques instants plus tard, ses partisans le mettaient à l’abri à l’intérieur du quartier général de l’ECiDé.

L’autre figure majeure de l’opposition présente sur les lieux, Jean-Marc Kabund, a lui aussi été blessé à la tête. Interpellé puis placé dans un véhicule de la police, il est néanmoins parvenu à s’extirper avant de trouver refuge au siège de l’ECiDé. Il a finalement quitté les lieux alors que la situation commençait à se stabiliser.

Tout au long de la journée, des jets de pierres ont opposé différents groupes sur le boulevard Triomphal. Des interpellations ont également été signalées tandis que des canons à eau ont été déployés contre les militants retranchés. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent notamment des projections d’eau visant les abords du siège de l’opposition, où plusieurs dizaines de manifestants s’étaient regroupés.

L’opposant Delly Sesanga n’a pas été épargné par les violences. Visiblement affaibli et blessé, il a été évacué vers un hôpital après avoir participé au rassemblement en compagnie de son fils.

Les violences n’ont pas épargné d’autres figures de l’opposition. L’opposant Ados Ndombasi a également dû être évacué par ses militants après avoir été fortement incommodé par les gaz lacrymogènes déployés lors de la dispersion du sit-in. Des images circulant sur les réseaux sociaux le montrent visiblement affaibli, soutenu et transporté par plusieurs de ses partisans pour être mis à l’abri, illustrant l’ampleur des tensions qui ont marqué cette journée de mobilisation dans la capitale.

Depuis son refuge, Martin Fayulu a dressé un bilan particulièrement lourd de la journée. Le chef de file de la coalition Lamuka affirme que deux personnes ont perdu la vie et que plusieurs autres ont été blessées lors de ce qu’il qualifie de « répression sanglante » du sit-in de l’opposition dans la capitale congolaise.
En début de soirée, le commandant de la police Israël Bakantu était présent sur le terrain pour superviser les opérations de sécurisation.

Cette nouvelle flambée de violence politique à Kinshasa intervient dans un climat déjà marqué par une forte polarisation. Alors que l’opposition dénonce une répression brutale et accuse la police et des militants pro-gouvernementaux d’avoir participé aux attaques contre le siège de l’ECiDé, les regards sont désormais tournés vers les autorités et les éventuelles enquêtes qui pourraient être ouvertes sur les incidents ayant ensanglanté le cœur politique de la capitale.
NGK




