À Kisangani, se procurer du poisson, de la viande ou d’autres produits d’origine animale devient de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Entre baisse de la production locale, pression démographique et pauvreté persistante, la question alimentaire prend une tournure préoccupante dans la province de la Tshopo.
Le chef de division provinciale de la pêche et de l’élevage, Ir. Dieudonné Liyeye Balonga, tire la sonnette d’alarme face à une situation qu’il juge critique. Selon lui, parler aujourd’hui d’une consommation suffisante de protéines animales dans la ville de Kisangani reste irréaliste, tant l’offre demeure inférieure aux besoins de la population.
Le responsable pointe notamment la surexploitation des ressources halieutiques sur le fleuve Congo et ses affluents. Avec une population en constante augmentation, les pêcheurs multiplient les captures sans véritable régulation. Des pratiques interdites, comme la pêche des poissons juvéniles ou gravides, aggravent encore davantage l’épuisement des ressources aquatiques.
<< Nous pêchons toute l’année sans laisser le temps aux espèces de se reproduire >>, regrette-t-il, évoquant également l’utilisation d’équipements rudimentaires et l’absence de périodes de repos biologique.
Au-delà des difficultés liées à la production, le faible pouvoir d’achat des habitants constitue un autre obstacle majeur. Plusieurs familles peinent à accéder aux aliments riches en protéines, pourtant indispensables à une alimentation équilibrée. Cette situation aurait déjà des conséquences visibles sur le plan nutritionnel.
Les statistiques issues des enquêtes IPC citées par le chef de division révèlent un taux de malnutrition dépassant 27 % chez les enfants et plus de 17 % chez les femmes enceintes et allaitantes dans la province.
Pour inverser cette tendance, Ir. Liyeye Balonga plaide pour l’adoption rapide d’un édit provincial réglementant le secteur de la pêche. Il estime également nécessaire de développer la pisciculture et l’élevage domestique afin de réduire la dépendance vis-à-vis des ressources naturelles déjà fragilisées.
Il appelle enfin les autorités, les médias et la population à unir leurs efforts pour soutenir les activités agricoles, halieutiques et pastorales capables de renforcer durablement la sécurité alimentaire dans la Tshopo.
Trésor Makaya





