Les propriétaires et concessionnaires actuels de la concession Marie-Antoinette de la N’sele haussent le ton et dénoncent ce qu’ils qualifient de « tentative de spoliation organisée » de leurs terres, au profit de la société BBC Congo Futur. Au centre de la tourmente, la Ministre des Affaires Sociales, Eve Bazaiba, et son directeur de cabinet adjoint, accusés par ces derniers d’avoir engagé des démarches jugées irrégulières pour les évincer.
Les représentants des concessionnaires dont Monsieur Bahati n’ont pas mâché leurs mots. Ils affirment détenir « tous les documents légaux » attestant de leur qualité de propriétaires : certificats d’enregistrement, contrats de cession, actes de vente, ainsi que des publications au Journal officiel. À les en croire, ces titres restent valides et n’ont jamais été annulés par une décision judiciaire définitive.
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« Nous ne sommes pas des occupants sans droit ni titre », martèle l’un d’eux, évoquant une occupation légale et reconnue depuis plusieurs années. Selon ces propriétaires, plusieurs jugements rendus par les juridictions compétentes leur ont déjà donné raison, allant jusqu’à annuler des tentatives antérieures d’attribution de la concession à des tiers.
Mais la récente correspondance de la Ministre Eve Bazaiba adressée à l’auditorat militaire a mis le feu aux poudres. Dans ce document, elle aurait autorisé l’accès et les travaux de la société BBC Congo Futur sur le site, tout en ouvrant la voie à un déguerpissement des occupants actuels. Une décision perçue comme une provocation par les concessionnaires, qui dénoncent une « instrumentalisation des forces de l’ordre » pour les chasser de leurs propres terres.
Les contestataires pointent également du doigt les déclarations du directeur de cabinet adjoint de la ministre, qu’ils jugent « inexactes et trompeuses », notamment sur l’origine et le statut juridique de la concession. « On tente de réécrire l’histoire pour justifier une décision injustifiable », accusent-ils, documents à l’appui.
Dans leur argumentaire, les propriétaires rappellent que la concession Marie-Antoinette ne figure pas dans le répertoire des biens appartenant à l’État congolais, tel qu’établi par les textes officiels. Ils soutiennent en outre que toute attribution à une société privée, en l’occurrence BBC Congo Futur, serait nulle et de nul effet en l’absence de droits préalables de l’État sur ce domaine.
Plus grave encore, ils dénoncent un « sabotage des procédures judiciaires en cours », estimant que l’intervention du ministère des Affaires Sociales vient court-circuiter des décisions de justice déjà rendues en leur faveur. « On ne peut pas, par simple correspondance administrative, balayer des jugements et des titres valides », s’indignent-ils.
Déterminés, les concessionnaires exigent désormais la rétractation pure et simple des décisions prises par la ministre Bazaiba. Ils appellent également à l’intervention du chef de l’État pour « rétablir la vérité des faits et garantir le respect du droit ».
En attendant, sur le terrain, l’inquiétude grandit. Entre menace de déguerpissement et bras de fer juridique, les habitants de la concession Marie-Antoinette vivent dans l’incertitude, suspendus à l’issue d’un conflit qui, une fois de plus, met à nu les failles profondes de la gestion foncière en République démocratique du Congo.
NGK





