Le gouvernement congolais sort de son silence face à la montée des critiques sur la situation des agents publics non payés. Dans un communiqué officiel publié par le cabinet du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, les autorités dénoncent des « propos inexacts » relayés sur les réseaux sociaux et attribués à tort à un proche du ministre, tout en réaffirmant leur volonté de réformer en profondeur l’administration.
Au cœur de la polémique, la question sensible des effectifs et des salaires dans la fonction publique. Le cabinet reconnaît l’existence d’un problème ancien, mais insiste sur les efforts déjà engagés pour assainir le fichier de l’administration. Une opération de vérification menée ces dernières années a permis de ramener les effectifs de près de 1,48 million d’agents à environ 785 000, dont une partie identifiée physiquement sur l’ensemble du territoire. Une démarche présentée comme un tournant majeur pour rétablir la crédibilité des données et mieux encadrer la masse salariale.
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Dans ce contexte jugé « hérité du passé », les autorités rappellent que les dysfonctionnements actuels trouvent leur origine dans des décennies de recrutements désordonnés et de gestion peu rigoureuse. Le gouvernement affirme ainsi poursuivre un processus d’assainissement destiné à corriger ces dérives structurelles, qui continuent de peser sur les finances publiques.
La mécanisation progressive des agents constitue l’un des piliers de cette stratégie. Selon le communiqué, près de 195 000 agents ont été intégrés à la paie entre 2021 et début 2026, avec l’objectif affiché d’élargir progressivement cette prise en charge à l’ensemble des fonctionnaires encore en attente. Les autorités évoquent également une réforme salariale visant à réduire les écarts entre administrations et à garantir une rémunération plus équitable, en tenant compte des responsabilités et des compétences.
Au-delà des chiffres, le gouvernement met en avant une ambition plus large de transformation de l’administration publique. Des réformes structurelles sont annoncées pour améliorer la gestion des carrières, moderniser les conditions de travail et promouvoir une nouvelle génération d’agents publics, mieux formés et plus compétitifs. L’égalité des chances et la représentativité figurent également parmi les priorités affichées.
Face à l’ampleur des défis, le cabinet appelle à une mobilisation collective. Il invite les institutions, les partenaires sociaux, les médias et les citoyens à s’impliquer dans ce processus de réforme, présenté comme essentiel pour restaurer l’efficacité de l’État et renforcer la confiance entre l’administration et les usagers.
Dans un climat marqué par la défiance et les tensions sociales, cette mise au point officielle se veut à la fois un exercice de clarification et un signal politique. Kinshasa entend reprendre la main sur le récit et convaincre que, malgré les lenteurs et les critiques, la réforme de la fonction publique est bel et bien en marche.
NGK





