La Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé, à l’issue de la deuxième réunion ordinaire de son Comité de Politique Monétaire pour l’année 2026, d’assouplir légèrement sa politique monétaire en abaissant son taux directeur de 15 % à 13,5 %. Cette décision intervient dans un contexte économique globalement favorable au niveau national, mais marqué par des incertitudes persistantes sur la scène internationale.
Une économie congolaise qui résiste
En dépit des tensions liées au conflit au Moyen-Orient, qui continuent de perturber les marchés mondiaux, l’économie congolaise affiche une bonne résistance. La croissance est attendue à 6,2 % en 2026, contre 5,8 % l’année précédente.

Cette performance repose principalement sur deux piliers : le secteur minier, toujours dynamique, et la progression progressive des activités hors mines. Pour les observateurs, cette évolution confirme la capacité du pays à maintenir un rythme de croissance soutenu, même dans un environnement international moins favorable.
Inflation en forte baisse : un signal rassurant pour les ménages
Autre indicateur important : l’inflation. Elle est tombée à 2,2 % en mars 2026, contre plus de 10 % un an auparavant. Cette baisse signifie concrètement un ralentissement de la hausse des prix, ce qui contribue à améliorer la stabilité du pouvoir d’achat des ménages.
Cependant, la BCC reste prudente. Des tensions persistent, notamment sur les produits alimentaires comme les céréales, ainsi que des facteurs saisonniers susceptibles d’influencer les prix à court terme.

Pourquoi la BCC baisse ses taux ?
La baisse du taux directeur vise à soutenir l’activité économique. En pratique, elle permet aux banques commerciales d’emprunter à moindre coût, facilitant ainsi l’accès au crédit pour les entreprises et les particuliers, et favorisant l’investissement et la consommation.
Toutefois, la Banque centrale rappelle que cette orientation reste encadrée par la prudence. Les taux réels demeurent élevés afin d’éviter tout risque de reprise de l’inflation.

Le franc congolais sous contrôle, malgré les risques
Sur le marché des changes, le franc congolais conserve une stabilité relative, malgré des écarts entre le marché officiel et le marché parallèle. Cette stabilité demeure essentielle dans une économie fortement dépendante des importations.
Une dépréciation de la monnaie nationale entraînerait une hausse immédiate du coût des biens importés, notamment les produits énergétiques. À cet égard, la hausse persistante des prix du pétrole au niveau mondial constitue une menace directe pour l’équilibre économique.
Vers la fin du cash en devises dans les transactions
Parmi les principales mesures annoncées, la BCC prévoit l’interdiction des transactions en espèces en devises étrangères à partir d’avril 2027. Ces opérations devront désormais transiter par le système bancaire.
Cette réforme vise à renforcer la traçabilité des flux financiers, lutter contre le blanchiment d’argent et améliorer la transparence de l’économie. Dans la même dynamique, la Banque centrale entend également renforcer son contrôle sur l’importation physique des devises.
L’or pour renforcer les réserves du pays
Autre axe stratégique : l’accumulation d’or monétaire. La BCC a déjà engagé ce processus en partenariat avec DRC Gold Trading.
Cette orientation vise à diversifier les réserves de change, réduire la dépendance au dollar américain et renforcer la capacité de résilience face aux chocs externes. L’or, actif refuge par excellence, constitue un instrument de stabilité dans un contexte international incertain.

Un équilibre à préserver
Même si les indicateurs actuels sont encourageants, plusieurs risques demeurent : la hausse des prix du pétrole, le ralentissement du commerce mondial et les pressions sur les finances publiques.
Dans ce contexte, la Banque centrale privilégie une approche d’équilibre, cherchant à soutenir la croissance tout en préservant la stabilité macroéconomique.

Un signal mesuré aux acteurs économiques
À travers cette décision, la BCC adresse un message clair aux acteurs économiques : l’économie congolaise poursuit une trajectoire positive, mais nécessite une gestion prudente dans un environnement international incertain.
Pour les ménages comme pour les entreprises, les perspectives dépendront autant des politiques économiques internes que de l’évolution de la conjoncture mondiale.
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