Sphynx RDC
  • Actualités
  • Nation
  • International
  • Economie
  • Politique
  • Culture
📞 Appelez-nous
Newsletters
No Result
View All Result
Sphynx RDC
  • Actualités
  • Nation
  • International
  • Economie
  • Politique
  • Culture
Sphynx RDC
No Result
View All Result

LA CHRONIQUE DE CLBB/RDC : LE PATRIOTISME EST-IL DEVENU LE MONOPOLE DES DÉFENSEURS DU POUVOIR

6 novembre 2026
dans Actualités
La rédactionPar La rédaction
CHRONIQUE DE CLBB/À LA DÉCOUVERTE DES 26 PROVINCES DE LA RDC Épisode 14 — LE KASAÏ-ORIENTAL : MBUJI-MAYI, LE DIAMANT ET LE DÉFI DE LA RECONVERSION ÉCONOMIQUE

Pourquoi, en République démocratique du Congo, un autre son de cloche devient-il si difficile à supporter ? Il se passe quelque chose de particulièrement inquiétant dans notre pays. Une dérive qui, à force de se banaliser, risque de transformer notre démocratie en un système où l’on peut parler librement, à condition de dire ce que le pouvoir souhaite entendre. La controverse suscitée par l’annonce attribuée au journaliste Peter Tiani de la création d’une coalition dénommée « Les journalistes patriotes pour la défense de la nation » mérite une réflexion qui dépasse largement les personnes concernées.Je précise d’emblée que les circonstances exactes de cette initiative et les déclarations rapportées dans les réseaux sociaux demandent à être vérifiées. Mais le débat de fond, lui, est bien réel. Depuis quand le patriotisme est-il devenu une propriété privée ? Depuis quand défendre son pays signifie-t-il nécessairement défendre celui qui le gouverne ? Voilà les questions que je voudrais poser.

  1. Le patriotisme n’est pas une fidélité à un individ

Il existe une confusion dangereuse, volontairement ou involontairement entretenue, entre trois notions pourtant fondamentalement différentes : la patrie, l’État et le pouvoir politique. La patrie est une communauté historique, humaine et territoriale à laquelle nous appartenons. L’État est l’organisation institutionnelle chargée de garantir sa continuité et son fonctionnement. Le pouvoir politique, quant à lui, est exercé temporairement par des hommes et des femmes auxquels les institutions confient certaines responsabilités.Ces trois réalités ne sont pas interchangeables. On peut aimer profondément son pays, respecter ses institutions et critiquer sévèrement ceux qui les dirigent. Mieux encore, cette critique peut constituer l’une des expressions les plus authentiques du patriotisme.Un président de la République n’est pas la nation. Un parti politique n’est pas la patrie. Et soutenir un gouvernement n’est pas un certificat de citoyenneté supérieure. Félix-Antoine Tshisekedi est aujourd’hui président de la République. Il exerce une fonction constitutionnelle dont la durée est limitée. La République démocratique du Congo existait avant lui et continuera d’exister après lui.Pourquoi faudrait-il alors que l’amour du Congo se mesure au degré d’adhésion à sa personne ou à sa politique ?

Lire aussi

CHRONIQUE DE CLBB/ARTICLE 64 DE LA CONSTITUTION : QUAND LE PEUPLE A LE DEVOIR DE RÉSISTER, MAIS PAS LES MOYENS DE SE DÉFENDRE

CHRONIQUE DE CLBB/RDC : SORTIE DE LA LISTE GRISE DU GAFI, UNE VICTOIRE FINANCIÈRE, MAIS PAS ENCORE UN CERTIFICAT DE BONNE GOUVERNANCE !

CHRONIQUE DE CLBB/ TREMBLEMENT DE TERRE POLITIQUE AUX ÉTATS-UNIS :h QUAND LE PEUPLE RAPPELLE AUX DIRIGEANTS QUE LE POUVOIR NE LEUR APPARTIENT PAS !

2. Top Congo : hier applaudie, aujourd’hui suspectée ?

C’est probablement l’aspect le plus révélateur de cette controverse.Pendant longtemps, Top Congo FM a été perçue par une partie de l’opinion comme un média favorable au pouvoir en place. Ses prises de position, ses choix éditoriaux et ses interventions n’étaient pas nécessairement considérés comme problématiques par ceux qui se reconnaissaient dans la majorité présidentielle. Mais voilà que certains journalistes de cette même radio expriment des critiques, contestent certaines initiatives ou rappellent les exigences déontologiques de leur profession. Et soudain, le regard change ! Le média autrefois apprécié devient suspect. Ses journalistes, jadis respectés, risquent désormais d’être présentés comme des adversaires. Qu’est-ce qui a changé ? Le professionnalisme des journalistes ou leur degré de complaisance envers le pouvoir ? Une démocratie véritable ne peut pas fonctionner selon cette logique. On ne peut pas célébrer la liberté de la presse lorsqu’elle nous est favorable et la considérer comme une menace lorsqu’elle nous dérange.On ne peut pas applaudir un journaliste lorsqu’il critique Joseph Kabila et le condamner lorsqu’il adresse des critiques à Félix Tshisekedi. Ce qui était légitime hier doit pouvoir rester légitime aujourd’hui. Autrement, ce n’est plus une conception démocratique de la liberté d’expression. C’est une liberté conditionnelle, accordée en fonction de l’identité de celui qui gouverne.

3. Un journaliste peut-il être patriote ?Évidemment !

Un journaliste peut aimer son pays, défendre son intégrité territoriale, dénoncer une agression étrangère et soutenir les valeurs républicaines.Il peut même avoir des convictions politiques personnelles. Mais il existe une différence fondamentale entre être un journaliste patriote et transformer le journalisme en instrument de mobilisation politique. Le premier cherche à servir l’intérêt général par une information vérifiée, indépendante et contradictoire.Le second risque de subordonner l’information à une cause, à un parti ou à un dirigeant.Ce n’est pas l’expression « journaliste patriote » qui pose nécessairement problème. C’est la définition que l’on donne au patriotisme et surtout l’usage que l’on entend en faire. Si une coalition de journalistes entend défendre la souveraineté nationale, combattre la désinformation et promouvoir une information rigoureuse, pourquoi pas ? Mais si son objectif réel consiste à protéger le pouvoir contre toute critique, à disqualifier l’opposition ou à réduire au silence les voix discordantes, alors nous ne sommes plus dans le journalisme indépendant.Nous entrons dans le domaine de la communication politique.Et il faut avoir le courage de nommer les choses.

4. Pourquoi refuse-t-on un autre son de cloche en RDC ?

C’est ici que se situe, à mon avis, le véritable problème congolais.Nous avons progressivement développé une culture politique dans laquelle la contradiction est perçue comme une hostilité. Celui qui n’approuve pas devient un opposant.Celui qui questionne devient un suspect. Celui qui dénonce devient un ennemi.Et celui qui refuse de participer au concert des louanges risque d’être accusé de manquer de patriotisme. Mais quelle étrange conception de la démocratie ! La démocratie n’a jamais signifié que tout le monde doit penser de la même manière. Elle repose précisément sur la possibilité de confronter des idées, de discuter des décisions publiques et de contester pacifiquement ceux qui exercent le pouvoir. Je voudrais rappeler une réflexion particulièrement pertinente : « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense véritablement. »

Un pouvoir qui ne supporte plus la contradiction se prive volontairement de l’un des instruments essentiels de correction de ses propres erreurs. Car la critique n’est pas seulement un droit du citoyen.Elle est aussi une information précieuse pour celui qui gouverne. Un dirigeant entouré exclusivement de personnes qui lui donnent raison finit par confondre ses convictions avec la réalité.Et lorsque cette confusion devient une méthode de gouvernement, les conséquences peuvent être désastreuses.

5. La nation appartient aussi à ceux qui ne soutiennent pas le président

Voilà une évidence qu’il faut rappeler avec insistance. Les Congolais qui soutiennent Félix Tshisekedi sont des citoyens à part entière.Ceux qui soutiennent Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Martin Fayulu ou d’autres personnalités politiques le sont également. Ceux qui ne soutiennent aucun dirigeant le sont tout autant. Aucun de ces groupes ne possède le monopole de l’amour de la patrie.La nationalité congolaise ne dépend pas de l’appartenance politique. Et la loyauté envers la République ne se confond pas avec l’allégeance à son président. Il est parfaitement possible de condamner une rébellion armée tout en dénonçant les insuffisances de la gouvernance nationale. Il est possible de défendre l’intégrité territoriale du Congo tout en exigeant le respect des libertés publiques. Il est possible de soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo sans approuver toutes les décisions du gouvernement. Le patriotisme n’exige pas l’unanimité politique. Il exige la fidélité aux intérêts fondamentaux de la nation.

6. Le journaliste n’est pas un employé politique de la République

Je voudrais ici insister sur un principe.

Le rôle du journaliste n’est pas de rendre le président populaire.Il n’est pas davantage de rendre systématiquement le président impopulaire. Son rôle consiste à rechercher les faits, les vérifier, les contextualiser et les porter à la connaissance du public. Lorsque le gouvernement accomplit quelque chose de positif, le journaliste doit pouvoir le reconnaître. Lorsqu’il commet des erreurs, il doit pouvoir les exposer. Lorsque l’opposition ment, il doit pouvoir le démontrer. Lorsque l’opposition formule une critique fondée, il doit pouvoir la rapporter. C’est cette exigence d’équilibre, d’indépendance et de rigueur qui donne au journalisme sa crédibilité. Un journaliste n’a pas besoin d’être hostile au pouvoir pour être indépendant. Mais il ne doit pas non plus être obligé de lui être favorable pour être considéré comme patriote. La nuance est fondamentale.

7. Une démocratie qui redoute les critiques révèle ses propres fragilitésJe me pose une question simple.

Si les réalisations du pouvoir sont aussi convaincantes que ses défenseurs le proclament, pourquoi faudrait-il craindre les journalistes qui posent des questions ? Pourquoi ne pas répondre aux critiques par des résultats, des chiffres vérifiables et des arguments ? Pourquoi ne pas opposer aux accusations des explications documentées ? Pourquoi faudrait-il transformer chaque désaccord en affrontement politique ?

Un gouvernement qui travaille efficacement n’a pas besoin d’imposer l’unanimité pour convaincre. Ses résultats doivent pouvoir parler pour lui. Et lorsqu’ils ne suffisent pas à convaincre, il appartient à ses responsables de rendre compte, d’expliquer et, si nécessaire, de corriger leurs décisions. La critique n’affaiblit pas nécessairement l’État. C’est parfois le refus de la critique qui finit par l’affaiblir.

8. Le véritable patriotisme commence par la vérité

Pour ma part, je refuse cette idée selon laquelle il faudrait choisir entre aimer son pays et dire la vérité sur son état. Le Congo ne deviendra pas une grande nation parce que ses dirigeants seront constamment applaudis. Il le deviendra lorsque ses institutions fonctionneront, lorsque la justice sera indépendante, lorsque les citoyens seront protégés, lorsque les ressources publiques seront correctement administrées et lorsque les dirigeants accepteront de rendre compte de leur gestion. Un journaliste qui révèle une mauvaise gestion des deniers publics peut servir son pays. Un journaliste qui dénonce les souffrances des populations de l’Est peut servir son pays. Un journaliste qui démontre, preuves à l’appui, qu’une accusation contre le gouvernement est mensongère peut également servir son pays. Le critère n’est donc pas de savoir si son travail plaît au président ou à ses adversaires. Le critère est de savoir s’il respecte la vérité, les faits et les règles de sa profession.

Conclusion : horrible, cette démocratie à la congolaise ! Nous avons parfois l’impression d’assister à une étrange expérience démocratique. Hier, certains médias étaient appréciés parce qu’ils paraissaient favorables au pouvoir. Aujourd’hui, dès qu’ils manifestent une certaine indépendance critique, ils risquent de devenir des cibles. Demain, faudra-t-il créer des coalitions de journalistes pour déterminer qui a le droit de parler au nom de la nation ? À ce rythme, nous risquons de construire une République dans laquelle le patriotisme ne sera plus une vertu civique, mais une étiquette politique distribuée par les détenteurs du pouvoir. Ce serait une terrible régression.Je voudrais donc rappeler à Peter Tiani, à ses confrères, aux responsables politiques et à tous ceux qui participent à ce débat une vérité élémentaire : La République démocratique du Congo n’appartient ni à Félix Tshisekedi, ni à Joseph Kabila, ni à un parti politique, ni à une coalition de journalistes. Elle appartient à tous les Congolais. À ceux qui applaudissent comme à ceux qui critiquent. À ceux qui gouvernent comme à ceux qui aspirent à gouverner. À ceux qui parlent comme à ceux qui refusent de se taire. Et si nous voulons véritablement défendre notre nation, commençons par accepter qu’un autre Congolais puisse avoir une opinion différente de la nôtre. Car un pays où tout le monde doit répéter le même discours n’est pas nécessairement un pays uni. C’est peut-être simplement un pays où beaucoup de citoyens ont appris à se taire. Le patriotisme, ce n’est pas défendre un homme contre la vérité. C’est défendre la vérité dans l’intérêt de la nation, même lorsqu’elle dérange l’homme qui gouverne. Et je terminerai par cette interrogation : Si Top Congo était hier considérée comme patriote lorsqu’elle paraissait soutenir le pouvoir, pourquoi deviendrait-elle antipatriote aujourd’hui lorsqu’elle ose le critiquer ? Est-ce le Congo que nous défendons, ou simplement les hommes qui le dirigent ? Toute la différence est là. Dieu s’appelle Temps. Et le Temps finit toujours par départager les convictions sincères des fidélités de circonstance.

CLBB — Chronique de CLBBLe 5 novembre 2026

Partager sur FacebookPartager sur XPartager sur LinkedInPartager sur WhatsApp

Également sur Sphynx RDC

CHRONIQUE DE CLBB/À LA DÉCOUVERTE DES 26 PROVINCES DE LA RDC Épisode 14 — LE KASAÏ-ORIENTAL : MBUJI-MAYI, LE DIAMANT ET LE DÉFI DE LA RECONVERSION ÉCONOMIQUE

CHRONIQUE DE CLBB/ARTICLE 64 DE LA CONSTITUTION : QUAND LE PEUPLE A LE DEVOIR DE RÉSISTER, MAIS PAS LES MOYENS DE SE DÉFENDRE

7 novembre 2026

La Constitution congolaise protège-t-elle réellement le peuple contre la dictature, ou risque-t-elle de devenir le bouclier juridique de ceux qui...

CHRONIQUE DE CLBB/À LA DÉCOUVERTE DES 26 PROVINCES DE LA RDC Épisode 14 — LE KASAÏ-ORIENTAL : MBUJI-MAYI, LE DIAMANT ET LE DÉFI DE LA RECONVERSION ÉCONOMIQUE

CHRONIQUE DE CLBB/RDC : SORTIE DE LA LISTE GRISE DU GAFI, UNE VICTOIRE FINANCIÈRE, MAIS PAS ENCORE UN CERTIFICAT DE BONNE GOUVERNANCE !

5 novembre 2026

La République démocratique du Congo vient de franchir une étape importante dans son processus de réhabilitation financière internationale. Le 30...

CHRONIQUE DE CLBB/À LA DÉCOUVERTE DES 26 PROVINCES DE LA RDC Épisode 14 — LE KASAÏ-ORIENTAL : MBUJI-MAYI, LE DIAMANT ET LE DÉFI DE LA RECONVERSION ÉCONOMIQUE

CHRONIQUE DE CLBB/ TREMBLEMENT DE TERRE POLITIQUE AUX ÉTATS-UNIS :h QUAND LE PEUPLE RAPPELLE AUX DIRIGEANTS QUE LE POUVOIR NE LEUR APPARTIENT PAS !

4 novembre 2026

Les élections américaines du 3 novembre 2026 viennent de nous administrer une remarquable leçon de démocratie, de séparation des pouvoirs...

Budget 2027 : après les éclaircissements de Judith Suminwa, les députés déclarent le projet recevable

Budget 2027 : après les éclaircissements de Judith Suminwa, les députés déclarent le projet recevable

31 octobre 2026

Kinshasa, 30 octobre 2026 - L’Assemblée nationale a déclaré recevable, ce vendredi, le projet de loi de finances pour l’exercice...

Russie – Afrique : promet la souveraineté, les contrats racontent une autre histoire

Russie – Afrique : promet la souveraineté, les contrats racontent une autre histoire

31 octobre 2026

Quarante-huit délégations africaines, vingt-deux dirigeants et une promesse de nouvel ordre mondial. Les 28 et 29 octobre 2026, Vladimir Poutine...

Logo Sphynxrdc.com
  • À-propos de SphynxRDC
  • Mentions légales
  • Politique des cookies
  • S’abonner à la Newsletters
  • Contactez-nous

© Sphynx RDC - Tous les droits réservés.

No Result
View All Result
  • Actualités
    • Revue de presse
  • Nation
    • Provinces
    • Politique
    • Société
  • International
    • Afrique
    • Monde
  • Économie et Développement
    • Economie
    • Énergie
    • Éducation
  • Culture et Loisirs
    • Culture
    • Histoire
    • Musique
    • Détente
  • Sport