Les journaux parus ce jeudi 29 octobre font écho des sanctions américaines contre le ministère rwandais de la Défense et la banque Zigama, accusés de soutenir les rebelles de l’AFC/M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo, ravivent la pression diplomatique sur Kigali.
La Prospérité ouvre cette revue de presse avec les mesures américaines visant directement des piliers de l’appareil sécuritaire rwandais. Washington a imposé des sanctions financières et logistiques au ministère rwandais de la Défense ainsi qu’à la banque Zigama, en raison de leur soutien présumé documenté aux rebelles du M23 et de l’AFC dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon le département d’État américain, ces agissements constituent une violation délibérée des engagements de paix pris dans le cadre des Accords de Washington, signés sous l’égide du président Donald Trump.
Actualité.cd et Le Potentiel soulignent que cette offensive américaine s’inscrit dans une montée progressive de la pression sur Kigali. Après avoir ciblé les Forces de défense rwandaises (RDF) en mars, le Trésor américain étend désormais les mesures restrictives au ministère de la Défense rwandais, en bloquant les avoirs et les intérêts relevant de cette structure et soumis à sa juridiction.
Pour Infos27, la portée de ces sanctions dépasse la simple riposte financière. En frappant simultanément les dispositifs militaire et financier rwandais, Washington remet en question l’argument sécuritaire longtemps avancé par Kigali pour justifier son implication dans l’Est congolais. Le journal y voit une remise en cause de l’alibi invoqué par le régime rwandais pour légitimer son activisme régional, dans un contexte marqué par les accusations d’exploitation illégale des ressources minières congolaises.
Sur le terrain, les signes de fragilisation des groupes armés affiliés à Kigali alimentent également l’actualité. L’Agence congolaise de presse (ACP), relayée par 7sur7.cd, rapporte la reddition de seize combattants du Front pour la refondation de la nation au Sud-Kivu. Ces hommes ont rejoint les FARDC, évoquant des conditions de vie particulièrement difficiles et des promesses trompeuses au sein de leur mouvement. Ces défections illustrent les difficultés auxquelles font face certains groupes armés, alors que les pressions diplomatiques s’intensifient autour du conflit dans l’Est de la RDC.
Dans la foulée, l’ACP et 7sur7.cd mettent en lumière l’appel lancé par les autorités militaires et les acteurs de la société civile aux jeunes enrôlés de force ou manipulés par l’AFC/M23, devenu FRN. Le message est sans équivoque : abandonner la lutte armée, déposer les armes et rejoindre les forces loyalistes pour contribuer à la défense de la patrie, plutôt que de continuer à servir de chair à canon dans un conflit qui éprouve durement les populations congolaises.
Au-delà des sanctions et des redditions, La Prospérité insiste enfin sur l’urgence de consolider les institutions républicaines pour préserver la stabilité de l’État. Le quotidien plaide notamment pour une armée professionnelle, mieux organisée et débarrassée de toute infiltration, capable de défendre l’intégrité territoriale et de protéger le pouvoir démocratique contre les entreprises de déstabilisation. Une exigence qui replace la réforme de l’appareil sécuritaire au cœur de la réponse congolaise à la crise : la pression internationale peut fragiliser les soutiens extérieurs des groupes armés, mais la restauration durable de la paix dépend aussi de la capacité de l’État à renforcer ses propres institutions.
NGK


