La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, domine l’actualité politique dans les journaux de ce mardi. Entre inquiétudes sur l’avenir du dialogue national, dénonciations du rapprochement présumé entre l’ancien chef de l’État, le M23 et le Rwanda, et appel à la mobilisation contre la déstabilisation du pays, la presse congolaise revient sur les répercussions de cette nouvelle configuration. Sur le front diplomatique, l’arrivée annoncée d’une délégation américaine de haut niveau, conduite par Doug Burgum, retient également l’attention.
Le Potentiel titre : « En prenant la tête du FRN, Kabila brouille les cartes du dialogue national “inclusif” ». Le quotidien estime que le choix de Joseph Kabila de diriger ce mouvement politico-militaire rebat les cartes du jeu politique et place l’opposition, notamment le C64, face à un dilemme. Alors qu’une partie de la classe politique plaidait pour l’inclusion de l’ancien président au dialogue national, son nouveau positionnement complique les perspectives de ces assises et renforce la position du camp présidentiel, qui exclut du processus les acteurs ayant pris les armes.
Infos 27 affiche à la une : « Kabila aux côtés du Rwanda : Muyaya dénonce “l’officialisation de la guerre contre le peuple” ». Le journal rapporte les déclarations du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, intervenu sur Top Congo FM et auprès de l’AFP. Le porte-parole du gouvernement condamne le positionnement de l’ancien chef de l’État, qu’il présente comme un retournement inacceptable de la part de celui qui fut le commandant suprême des FARDC. Il accuse Joseph Kabila de revenir sur la scène politique par les armes, aux côtés du M23 et du Rwanda, et de s’attaquer à l’ordre constitutionnel. Infos 27 souligne néanmoins que Kinshasa entend poursuivre les processus de paix de Washington et de Doha, tout en demandant aux opposants de clarifier leurs positions face à la crise sécuritaire.
La Prospérité s’inscrit dans cette ligne de fermeté avec ce titre : « Faire échec à la déstabilisation, à l’insurrection : le gouvernement appelle à la mobilisation générale contre Joseph Kabila ! ». Le journal met en avant l’appel de l’exécutif à une mobilisation contre les menaces pesant sur la République. Il revient également sur la mise en garde de Christian Bossembé, président du Cessac, qui annonce une réaction sévère du régulateur des médias face à toute apologie de la rébellion ou à la diffusion de propos remettant en cause la bravoure des forces armées engagées au front. La Prospérité relaie ainsi l’argument selon lequel les frustrations politiques et les intérêts liés aux carrés miniers ne peuvent justifier une alliance avec des forces accusées de déstabiliser le pays.
Le Potentiel s’intéresse enfin aux enjeux diplomatiques et économiques liés à l’arrivée annoncée à Kinshasa de Doug Burgum, secrétaire américain à l’Intérieur, à la tête d’une importante délégation de l’administration Trump. Sous le titre « Émissaire spécial à Kinshasa ! », le quotidien replace cette visite dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC et par l’importance stratégique des ressources minières congolaises, notamment le cobalt, le cuivre et le lithium. Pour le journal, ce déplacement pourrait ouvrir des perspectives d’investissements et de partenariats industriels. Toutefois, le défi majeur pour Kinshasa sera de négocier des accords profitables au pays, de préserver sa souveraineté économique et de tenir compte des impératifs sécuritaires.
Au final, la presse met en lumière deux dossiers étroitement liés aux intérêts stratégiques de la RDC : la recomposition du paysage politique autour du FRN de Joseph Kabila et la diplomatie économique avec les États-Unis. Entre exigence de stabilité, avenir du dialogue national et défense des ressources nationales, le gouvernement congolais se retrouve face à un double défi : répondre aux tensions politiques et sécuritaires tout en veillant à ce que les partenariats internationaux servent effectivement les intérêts du pays.
NGK


