Ce jeudi 15 octobre, plusieurs médias s’interrogent sur les conséquences de la nouvelle plateforme politico-militaire FRN dirigé par Joseph Kabila, dès interrogations aussi sur les négociations de paix, tandis que Vital Kamerhe et des formations politiques dénoncent le recours à la lutte armée. En parallèle, une enquête judiciaire menée en Belgique, portant sur des soupçons de blanchiment d’argent impliquant des proches de l’entourage présidentiel, retient également l’attention de la presse.
Joseph Kabila et le FRN : les négociations de Doha sous pression
Le Potentiel estime que la création du FRN autour de Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa fragilise davantage les négociations de Doha. Le journal s’interroge sur la capacité des États-Unis à faire respecter leurs engagements en faveur du processus de paix, notamment en ce qui concerne le retrait des forces rwandaises de l’est de la République démocratique du Congo.
Forum des AS relève, pour sa part, un paradoxe dans la posture de l’ancien président. Après avoir dirigé le pays pendant près de vingt ans, Joseph Kabila adopte désormais une position insurrectionnelle tout en invoquant la défense de l’ordre constitutionnel. Une contradiction qui relance le débat sur la cohérence de son engagement politique et les moyens qu’il privilégie pour défendre ses convictions.
Vital Kamerhe à Kabila : « Le peuple vous jugera sur vos actes »
Infos 27 revient sur la réaction de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). Ce dernier dénonce la contradiction entre les appels à la paix formulés par Joseph Kabila et son engagement à la tête du FRN, une plateforme associée à la lutte armée. Le média rappelle que l’ancien chef de l’État s’était exprimé sur la paix le 9 octobre, avant que sa prise de leadership à la tête du mouvement ne soit annoncée le 12 octobre 2026.
7sur7.cd met en avant la fermeté du message de Vital Kamerhe, qui lance : « Le peuple vous jugera sur vos actes ». L’acteur politique condamne le recours à la lutte armée, estimant qu’on ne peut défendre la paix dans les discours tout en soutenant une rébellion. Il réaffirme également son soutien à l’action du président Félix Tshisekedi.
Le Mouvement libéral rejette toute association avec le FRN
L’Agence congolaise de presse (ACP) rapporte que les critiques contre le FRN dépassent les prises de position individuelles. Le Mouvement libéral, dirigé par Thomas Luhaka, rejette toute association avec cette nouvelle plateforme politico-militaire. Cette formation politique réaffirme son attachement aux moyens pacifiques de résolution des différends et au dialogue républicain, qu’elle considère comme le cadre légitime pour résoudre les crises nationales.
Ces réactions illustrent les divisions que suscite l’initiative de Joseph Kabila, sur fond de recherche d’une issue politique et sécuritaire à la crise dans l’est du pays. Elles remettent également au centre du débat la place du dialogue et les conditions nécessaires à la consolidation du processus de paix.
Enquête en Belgique : des perquisitions visant l’entourage présidentiel
Dans un autre dossier, Actualité.cd et Le Potentiel rapportent que la justice belge a mené plusieurs perquisitions à Bruxelles et dans le Brabant dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de blanchiment d’argent impliquant des proches de l’entourage du président Félix Tshisekedi.
Selon ces médias, cette procédure intervient dans un contexte politique sensible et pourrait avoir des répercussions diplomatiques entre Kinshasa et certains de ses partenaires occidentaux. À ce stade, les faits rapportés relèvent de soupçons faisant l’objet d’une enquête judiciaire et ne sauraient être assimilés à des culpabilités établies.
NGK



