La création du Front pour la refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, occupe le devant de la scène politique congolaise ce mardi 13 octobre. Entre les interrogations sur ses liens avec l’AFC/M23, les réactions des institutions à Kinshasa et les départs enregistrés au sein du PPRD, la presse décrypte une recomposition politique aux conséquences potentiellement importantes pour la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Actualite.cd titre : « RDC : Joseph Kabila annoncé à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire à Goma ». Le média rapporte la création du FRN, placé sous la présidence de Joseph Kabila, avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents. Sultani Makenga est, pour sa part, présenté comme chef d’état-major général, avec rang de vice-président. Actualite.cd rappelle également que le rapport final du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, daté du 11 juin 2026, évoquait déjà une possible restructuration de l’AFC/M23, un changement de nom et un rôle de premier plan pour l’ancien chef de l’État. Le document faisait aussi état de divergences internes sur l’opportunité d’étendre les opérations militaires au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Pour Le Potentiel : « Kabila s’affiche avec Nangaa : la refondation à l’épreuve de la rébellion ». Le journal met en lumière les interrogations suscitées par cette nouvelle configuration politico-militaire. La présence de Joseph Kabila aux côtés de Corneille Nangaa soulève notamment la question de la répartition des responsabilités entre les dirigeants politiques et le commandement militaire, dans un contexte où la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est demeure un enjeu majeur.
Infos 27 écrit dans sa manchette : « Rien ne surprend. Tshisekedi avait vu juste : “L’AFC, c’est Kabila” ». Le média inscrit la création du FRN dans le prolongement des accusations formulées depuis 2024 par le président Félix Tshisekedi concernant les liens présumés entre Joseph Kabila et l’AFC/M23. Dans son analyse, Infos 27 considère que le changement de nom ne modifie pas fondamentalement les acteurs ni les ambitions qu’il attribue au mouvement. Le journal appelle les autorités à défendre la souveraineté nationale, à renforcer les capacités des FARDC et à poursuivre les efforts diplomatiques, tout en mettant l’accent sur la protection des civils et la lutte contre l’impunité.
À l’Assemblée nationale : Aimé Boji rappelle Joseph Kabila à ses obligations constitutionnelles. Le président de la chambre basse du Parlement a réagi à la nouvelle orientation politique de l’ancien chef de l’État en contestant sa légitimité à donner des leçons aux élus du peuple. Cette sortie illustre la montée des tensions entre les responsables institutionnels et l’ancien président, alors que Kinshasa poursuit ses démarches face à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
La Prospérité renchérit en disant, le PPRD secoué par des démissions. Le quotidien fait état de désolidarisations au sein du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, l’ancienne formation politique de Joseph Kabila. Parmi les départs rapportés figurent ceux d’Allegra Fosh Ngalula, d’India Omari et du rapporteur du parti, Patrick Nkanga. Ces démissions mettent en évidence les fractures internes suscitées par les nouvelles orientations politiques et militaires attribuées à l’ancien président.
Pour géostratège : un appel à l’examen des responsabilités par la Cour pénale internationale. Dans une tribune relayée par la presse, il invite le Bureau du Procureur de la CPI à examiner les responsabilités éventuelles dans la crise congolaise. Il préconise de croiser les éléments contenus dans les rapports des experts des Nations unies, les sanctions américaines et la condamnation par contumace prononcée par la justice congolaise.
Au-delà des déclarations et des rapports de force politiques, la création du FRN ravive les interrogations sur l’avenir du processus de paix en République démocratique du Congo. Alors que la souveraineté nationale, la sécurité des populations et la restauration de l’autorité de l’État restent au centre des préoccupations, cette recomposition intervient dans un climat politique tendu et complique davantage la lecture des perspectives de sortie de crise dans l’Est du pays. Elle remet également au premier plan la question du dialogue national et des conditions nécessaires à une paix durable.
NGK



