Le ministère du Portefeuille a lancé un processus compétitif de sélection des mandataires publics dans quinze entreprises de l’État. Mérite, transparence, égalité des chances, intégrité : les principes affichés sur son site officiel avaient de quoi susciter l’espoir. Enfin, la compétence pouvait devenir le véritable critère d’accès à la direction de nos entreprises publiques.
Mais aujourd’hui, une question réclame une réponse claire : où en est ce processus ?
Les candidatures ont-elles été examinées ? Les évaluations ont-elles eu lieu ? Des candidats ont-ils été présélectionnés ? Qui doit accomplir la prochaine étape, et dans quel délai ?
La page officielle consultée présente les règles et les documents du recrutement, mais ne permet pas de connaître son stade actuel ni son calendrier d’aboutissement. Cette absence de visibilité ne prouve pas que le travail est arrêté. Elle montre cependant que le citoyen ne dispose pas des informations nécessaires pour en suivre l’avancement.
On entend que le dossier, initié par le ministère du Portefeuille, serait désormais « ailleurs ». Cette information reste à confirmer. Mais si une transmission a effectivement eu lieu, pourquoi ne pas préciser à quelle autorité, à quelle date et pour quelle décision ?
« Le dossier est ailleurs » ne peut pas tenir lieu de compte rendu.
Une procédure administrative peut légitimement passer par plusieurs institutions. Le problème apparaît lorsque cette circulation devient incompréhensible, lorsque personne ne précise qui traite le dossier et lorsque les candidats restent sans perspective.
Ceux qui ont répondu à l’appel ont consacré du temps à préparer leurs candidatures. Ils ont accepté de se soumettre à une sélection annoncée comme équitable. Ils méritent un suivi sérieux. Leur demander de respecter une échéance, puis les laisser attendre sans calendrier, fragilise la confiance dans la procédure.
L’enjeu dépasse pourtant le sort des candidats.
Les entreprises du portefeuille doivent fournir des services, protéger le patrimoine public et contribuer à l’économie nationale. Leur direction exige des compétences adaptées, une connaissance du secteur, de l’intégrité et une capacité à rendre des comptes. Chaque incertitude prolongée sur leur gouvernance peut compliquer les décisions et affaiblir les perspectives de redressement.
Il faut donc protéger cette sélection jusqu’à son terme. La méritocratie ne se mesure pas au discours de lancement ; elle se vérifie dans les critères appliqués et les choix finalement retenus.
Si les résultats des évaluations devaient être écartés au profit d’arrangements politiques, la déception serait profonde. Nous ne pouvons pas l’affirmer aujourd’hui. Mais une communication régulière, des étapes traçables et des décisions motivées permettraient précisément de dissiper ce soupçon.
Le ministère du Portefeuille et les autres autorités concernées devraient publier un point d’étape : les opérations réalisées, celles qui restent à accomplir, l’autorité chargée de chacune et un calendrier réaliste. Cela peut se faire sans exposer les données personnelles des candidats.
Oh, la RDC ! Quand serons-nous sérieux ?
Nous le serons lorsque chaque annonce sera suivie d’actes vérifiables. Lorsque les responsabilités seront identifiables. Lorsque les délais seront respectés ou les retards expliqués. Lorsque la compétence promise au départ restera déterminante jusqu’à la décision finale.
Le pays n’attend pas seulement de nouveaux mandataires. Il attend la preuve que l’État sait conduire une procédure avec la rigueur qu’il exigera demain de ses dirigeants.
CLBB





