Un homme d’Etat nous a quitté ce 22 septembre 2026: Mario Cardoso Losembe.

Le président Mobutu se déchaîne au stade contre Losembe 1973. Le stade du 20 mai de Kinshasa est rempli à ras bord. Le président de la République du Zaïre, Mobutu Sese Seko a convié la population pour un échange. Et là, le chef de l’Etat surprend tout le monde en parlant longuement d’un homme politique: Mario-Philippe Cardoso devenu depuis l’authenticité de 1972 Batwanyele Losembe. Mobutu, qui était pourtant, selon de nombreux témoignages concordants, un homme bien éduqué, courtois, se met à insulter et à maudire (milimo ya bakoko ekolanda ye; les mânes de nos ancêtres vont le poursuivre) publiquement son ancien ministre des Affaires étrangères Losembe. Les zaïrois sont stupéfaits. Pour la première fois, Mobutu a perdu son self-control en public.
La divergence politique
Le conflit Mobutu-Losembe avait pour origine une simple divergence de vue sur la stratégie diplomatique congolaise. Nommé ministre des Affaires étrangères du Congo en 1970, Losembe explique au président Mobutu que la politique d’ingérence qui consiste à soutenir la rébellion armée en Angola peut, à long terme, se retourner contre notre pays. Encouragé par les Etats-Unis d’Amérique (c’est la guerre froide), Mobutu va persister dans cette politique. En 1972, il limoge Losembe qui quitte discrètement le pays et part en exil en Suisse. Mobutu déclenche l’appareil judiciaire et obtient la condamnation par contumace de Losembe à 20 ans de prison et la confiscation de tous ses biens. Ensuite, le président zaïrois demande l’extradition de Losembe aux autorités suisses. La justice helvétique s’y oppose. Mobutu a échoué dans son duel à distance contre Losembe.
Le deal Mobutu-Losembe Très politique, Mobutu change de stratégie.
À la confrontation, il propose à Losembe la négociation. Mandungu Bula Nyati, conseiller politique à la présidence de la République, est envoyé en Suisse négocier avec son ancien condisciple Losembe. Mobutu demande, à travers Mandungu, trois choses à Losembe:1. Ne pas faire de publicité sur l’arrêt du tribunal fédéral Suisse qui s’oppose à son extradition. 2. Le retour au pays 3. L’engagement à ne plus faire de la politique En contrepartie, Mobutu s’engagerait à :
1. Amnistier Losembe 2. A lui restituer tous ses biens confisqués 3. A s’assurer que Losembe ne sera pas victime d’aucune sorte de tracasseries Losembe Cardoso accepte le deal et en 1974, il revient au pays. Les hommes d’Etat. Mobutu et Losembe vont scrupuleusement respecter leurs engagements respectifs. Pendant 16 ans (1974-1990), Losembe ne fera aucune déclaration politique ni participer à une activité à caractère politique. De son côté, Mobutu s’organisera pour que son ancien ami (Mobutu était l’un de témoins du mariage de Cardoso à Bruxelles en 1959) ne puisse pas vivre dans la précarité. En mai 1997, le Maréchal Mobutu quitte précipitamment Kinshasa sous la pression militaire de l’AFDL.
En effet, conformément aux prédictions de Mario Cardoso en 1972, les angolais qui ont été victimes de l’ingérence zaïroise dans leur guerre civile pendant plus de 20 ans, viennent régler leurs comptes avec le Maréchal du Zaïre, à travers le soutien militaire et diplomatique apporté à l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila. Les leçons d’un véritable homme d’Etat Ayant eu le privilège de côtoyer Mario-Philippe Cardoso Losembe pendant quelques années, voici quelques leçons que j’ai reçues de lui sur le comportement d’un homme d’Etat 1. Ne te réjouis jamais du malheur d’un adversaire politique si ce malheur aura un impact négatif sur le pays. Losembe n’a jamais sabré le champagne en se réjouissant de la chute de Mobutu ni en se disant » je l’avais prévenu « 2. Ne dis jamais du mal, ne dénigre jamais un pouvoir passé pour faire plaisir au pouvoir présent. 3. La flatterie est une arme politique à double tranchant; il peut te procurer les faveurs du chef mais pas son respect.
À la Conférence nationale souveraine, il était revenu sur l’épisode de son limogeage du Gvt en 1973 et les propos vindicatif de Mobutu sur le sortilège lui lancé en invoquant les mânes des ancêtres. Il expliquera qu’il n’aurait pu être atteint car son nom en lokele signifiait » le protégé des aïeux « Bref! » QUI SERT SON’PAYS N’A PAS BESOIN D’AÏEUX »
Voltaire.





