La communauté congolaise, particulièrement la communauté lokele, est en deuil. Mario-Philippe Losembe Batwanyele, connu sous le nom de Mario Cardoso, est décédé ce mardi 22 septembre 2026 à l’âge de 92 ans. Figure politique zaïroise puis congolaise de premier plan, ayant occupé plusieurs fonctions du pays notamment ancien vice-président du Sénat, il laisse derrière lui un parcours marqué par son engagement public et une histoire personnelle profondément liée à la mémoire du Congo.

Parmi les premières réactions de son décès figure celle d’Édouard Mokolo wa Pombo, ancien ministre et ancien vice-président du Sénat. « Mon frère et ami, mon complice au bureau du Sénat durant plus de 10 ans, Mário Philippe Losembe Cardoso vient de nous quitter ! Paix à son âme ! », a-t-il écrit, présentant ses condoléances à la famille de l’illustre disparu. Les deux hommes ont siégé ensemble à la vice-présidence du Sénat de mai 2007 à juillet 2019.
Lire aussi
Né le 29 septembre 1933 à Stanleyville, aujourd’hui Kisangani, Mario-Philippe Cardoso est issu d’un père portugais, Philippe-Emmanuel Cardoso, et d’une mère lokele, Henriette Folo. Élevé à Yalotcha-Lotokila, dans le territoire d’Isangi, il est intégré au clan maternel et porte progressivement les noms Batwanyele et Losembe. Son enfance est marquée par les réalités de l’époque coloniale et par la question des enfants métis, avant que sa famille ne s’installe à Léopoldville, où il poursuit sa scolarité à l’Institut Saint-Joseph.

Brillant élève, il poursuit ses études en Belgique à partir de 1954 et intègre l’Université catholique de Louvain. En octobre 1959, il obtient une licence en sciences pédagogiques et psychologiques. Son séjour en Belgique est également marqué par sa rencontre avec Charlotte Mujinga, qu’il épouse le 29 septembre 1959 à l’église Saint-Antoine de Padoue à Etterbeek, en présence notamment de Joseph-Désiré Mobutu et de Jonas Mukamba.

De retour au Congo, Mario-Philippe Losembe Cardoso s’impose progressivement dans la vie publique et politique. Son parcours le conduira notamment au gouvernement, où il exercera les fonctions de ministre des Affaires étrangères du Zaïre, avant de rejoindre le Sénat. Pendant plus d’une décennie, il y occupera la fonction de vice-président, de mai 2007 à juillet 2019, aux côtés notamment d’Édouard Mokolo wa Pombo.
À travers sa disparition, c’est une figure de plusieurs générations de l’histoire politique congolaise qui s’en va. De Stanleyville à Yalotcha, de Léopoldville à Louvain, puis au sommet des institutions de la République, Mario-Philippe Losembe Cardoso aura traversé près d’un siècle d’histoire du Congo.
NGK





