La Cour pénale internationale (CPI) traverse l’une des plus graves turbulences de son histoire. Son procureur, le Britannique Karim Ahmad Khan, a été suspendu de ses fonctions à la suite d’accusations de comportement sexuel inapproprié formulées par une employée de l’institution, plongeant la juridiction basée à La Haye dans une crise de gouvernance sans précédent.
La décision a été prise par le Bureau de l’Assemblée des États parties, l’organe chargé de superviser le fonctionnement de la CPI, après l’examen de rapports d’enquête et d’expertises portant sur les allégations visant le magistrat. Selon plusieurs médias internationaux, les faits reprochés concernent un comportement présumé non consenti à l’égard d’une collaboratrice de la Cour.
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Depuis l’éclatement de cette affaire, Karim Khan rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Le procureur dénonce une procédure qu’il estime injuste et dépourvue de fondement, affirmant être victime d’allégations qu’il conteste avec vigueur.
Cette suspension, qui ne constitue pas encore une sanction définitive, ouvre désormais une nouvelle phase du dossier. Les 125 États membres de la CPI devront être consultés lors d’une session spéciale appelée à décider du maintien ou de la révocation du procureur. L’issue de cette procédure est particulièrement attendue tant elle pourrait redéfinir l’avenir de l’institution.
Nommé à la tête du parquet de la Cour en 2021, Karim Khan avait déjà été temporairement écarté de certaines responsabilités en 2025 dans le cadre d’investigations menées par les services de contrôle interne des Nations unies. Toutefois, jamais la CPI n’avait été confrontée à une procédure disciplinaire d’une telle ampleur impliquant son plus haut responsable judiciaire.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes pressions diplomatiques et politiques sur plusieurs dossiers sensibles traités par la juridiction internationale. Alors que l’institution s’efforce de préserver sa crédibilité et son indépendance, cette crise interne risque d’alimenter davantage les interrogations sur sa gouvernance et son fonctionnement.
À ce stade, la CPI n’a communiqué aucun calendrier concernant la décision finale. Une chose est néanmoins certaine : le sort de Karim Khan est désormais suspendu à la décision des États membres, dans une affaire qui pourrait laisser une empreinte durable sur l’histoire de la justice pénale internationale.
NGK





