« Que le référendum nous départage ». C’est le message fort lancé vendredi à Kinshasa par la Coalition Citoyenne pour la Nation, au terme d’une marche qui a réuni plusieurs acteurs de la société civile laïque et confessionnelle autour d’une même revendication : donner au peuple congolais la possibilité de se prononcer sur l’avenir de la Constitution par voie référendaire.

Dès les premières heures de la journée, des centaines de participants ont convergé vers le lieu du rassemblement, arborant calicots, banderoles et pancartes appelant à la consultation populaire. Dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, les manifestants ont scandé des slogans favorables à la souveraineté populaire, estimant que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution ne pouvait être tranché ni par les seuls acteurs politiques ni par les institutions, mais par le peuple lui-même.
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Au cœur de la mobilisation, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de la Coalition Citoyenne pour la Nation, a pris la parole devant une foule compacte. Entouré de plusieurs figures de la société civile, notamment les activistes Jonas Tshiombela et Christopher Ngoy, il a exposé les motivations de la démarche entreprise par sa plateforme.
S’adressant aux manifestants, le responsable de la coalition a insisté sur le caractère non partisan de son mouvement. Selon lui, la coalition qu’il dirige ne se situe ni dans le camp du pouvoir ni dans celui de l’opposition. Elle rassemble, a-t-il expliqué, des organisations issues aussi bien de la société civile confessionnelle que de la société civile laïque, toutes unies autour d’une même conviction : seule la population détient la légitimité nécessaire pour arbitrer le débat constitutionnel.

« Nous ne sommes ni du pouvoir ni de l’opposition. Nous sommes la société civile. Puisque les choses sont ainsi, il faut donner la parole au peuple. La manière de donner la parole au peuple, c’est de demander au Chef de l’État de convoquer un référendum », a déclaré Évariste Ejiba Yamapia sous les applaudissements des participants.
Au fil de son intervention, l’homme de Dieu a présenté le référendum comme la voie la plus démocratique pour départager les partisans du maintien de la Constitution actuelle et ceux qui plaident pour sa révision ou son remplacement. « Que le référendum nous départage », a-t-il lancé, reprenant une formule qui est rapidement devenue le slogan central de la manifestation.
À l’issue de la marche, les organisateurs ont officiellement adressé au Président de la République, Félix Tshisekedi, une demande de convocation d’un référendum national. Cette requête vise à permettre aux Congolais de se prononcer directement sur l’opportunité d’une révision ou d’un changement de la Constitution actuellement en vigueur.
La coalition a également invité les députés nationaux et les sénateurs à s’en remettre à la volonté populaire sur une question qu’elle considère comme fondamentale pour l’avenir des institutions du pays. Pour ses initiateurs, une consultation populaire constituerait le moyen le plus transparent et le plus légitime de mettre fin aux divergences qui alimentent le débat politique depuis plusieurs mois.

Cette démonstration de force de la société civile intervient dans un contexte où les discussions autour de l’avenir de la Constitution continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. En choisissant la rue pour porter sa revendication, la Coalition Citoyenne pour la Nation entend désormais placer le peuple au centre de la décision et faire du référendum l’arbitre ultime d’un débat qui divise profondément l’opinion publique.
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