Quelques jours après la sortie médiatique du président Félix Tshisekedi, l’opposant Martin Fayulu, président de l’ECiDé, a tenu à lui répondre frontalement sur la gouvernance du pays ainsi que sur les interrogations persistantes liées à un éventuel troisième mandat. Dans un ton résolument offensif, le leader de LAMUKA a multiplié les attaques politiques, mêlant rappels historiques sur le rôle de l’opposition à des accusations graves concernant la situation sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Face à la presse, Martin Fayulu a surpris par une sortie particulièrement tranchante sur l’histoire politique récente de la RDC, affirmant que « aujourd’hui, quelqu’un va vous dire opposition ya pete pete. Mais où était l’UDPS entre 2006 et 2010 ? Qui parlait de l’UDPS dans ce pays ? C’est moi qui ai ressuscité l’UDPS ». Une déclaration qui a immédiatement enflammé le débat politique, tant elle ravive les rivalités anciennes au sein de l’opposition congolaise et au-delà.
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Dans un registre plus grave encore, l’opposant a mis en garde contre ce qu’il considère comme un danger pour l’unité nationale. « Il serait extrêmement grave que le fils d’Étienne Tshisekedi entre dans l’histoire comme celui qui aura fragilisé la cohésion nationale et consacré la balkanisation de la RDC », a-t-il déclaré, citant implicitement l’héritage de Étienne Tshisekedi pour souligner, selon lui, les responsabilités historiques actuelles.
Abordant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Martin Fayulu a également lancé une accusation particulièrement sensible, laissant entendre que la persistance de la guerre pourrait servir des intérêts politiques. Il a évoqué la possibilité que ce conflit soit entretenu pour retarder le processus électoral de 2028, posant publiquement la question de savoir à qui profite réellement cette instabilité persistante, tout en interpellant la communauté internationale sur l’application de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans la même dynamique, il a élargi ses critiques aux réformes institutionnelles en cours, dénonçant la proposition de loi portée par Paul Gaspard Ngondankoy sur l’organisation d’un référendum. Selon lui, ce texte constituerait une manœuvre déguisée visant à contourner les limites constitutionnelles et à ouvrir la voie à un maintien prolongé au pouvoir, allant jusqu’à parler d’un « coup d’État constitutionnel ».
Enfin, Martin Fayulu a réaffirmé la détermination de son camp à s’opposer à toute tentative de modification du cadre démocratique en vigueur. Il a promis une mobilisation politique et citoyenne pour bloquer toute perspective de troisième mandat, estimant que l’avenir de la démocratie congolaise en dépend et que l’histoire jugera sévèrement les choix actuels du pouvoir en place.
NGK





