Réunis ce jeudi dans le cadre du forum Investing in Africa organisé par l’Atlantic Council, plusieurs décideurs et acteurs économiques de premier plan, dont le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, et l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, ont plaidé pour une transformation structurelle du secteur minier africain, au-delà de la simple extraction.
Au cœur des échanges, un constat partagé : l’Afrique, riche en minerais critiques stratégiques pour la transition énergétique mondiale, ne capte encore qu’une faible part de la valeur générée par leur exploitation. Pour la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt, l’enjeu est désormais clair : passer de l’exportation de matières brutes à leur transformation locale afin d’augmenter significativement la valeur ajoutée.
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Intervenant lors d’un panel consacré au thème « Au-delà de l’extraction : créer de la valeur à partir des minerais critiques de l’Afrique », Teddy Lwamba a insisté sur le rôle déterminant de l’énergie dans cette mutation. « Le principal obstacle reste l’accès à une énergie suffisante et fiable », a-t-il souligné, rappelant que le développement de chaînes de valeur industrielles dépend directement des capacités énergétiques disponibles.
Pour répondre à ce défi, Teddy Lwamba a évoqué que la RDC mise sur des mécanismes innovants de financement et de partage des risques. Le pays a notamment recours à des sociétés de projet (SPV) associant capitaux publics et privés, afin de sécuriser les investissements et d’attirer davantage d’acteurs financiers internationaux. Cette stratégie de « dérisquage » commence déjà à susciter l’intérêt de partenaires privés, y compris des investisseurs et institutions bancaires.

Les discussions ont également mis en avant l’importance du lien étroit entre énergie et industrie minière, souvent qualifié de « nexus énergie-mines ». À l’instar de la Zambie, confrontée à des contraintes énergétiques dans sa production de cuivre, plusieurs pays africains cherchent à intégrer ces deux dimensions dans leurs politiques de développement.
Autre levier évoqué : le développement de corridors miniers conçus comme de véritables corridors économiques intégrés. Des projets comme le corridor de Lobito illustrent cette approche, combinant infrastructures de transport, accès à l’énergie et opportunités de développement pour les secteurs agricoles et les communautés locales.

Dans un contexte d’intérêt croissant pour les minerais critiques, les participants ont appelé à changer le regard porté sur le continent, invitant investisseurs et partenaires à considérer l’Afrique non comme un risque, mais comme une opportunité stratégique pour une croissance durable et partagée.
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