Le Fonds de promotion de l’Industrie (FPI) fait face à une nouvelle crise de créances impayées estimées à 300 millions USD, dépassant le niveau enregistré en 2016. Une situation alarmante révélée par le ministre de l’Industrie ad intérim, Justin Kalumba, lors du dernier Conseil des ministres.
À son arrivée en novembre 2016, feu Patrice Kitebi avait hérité d’un portefeuille de dettes de 260 millions USD, soit 58,1 % des prêts du FPI détenus par des débiteurs insolvables. Grâce à des mécanismes de gestion rigoureux et à des actions judiciaires, une grande partie de ces fonds avait été récupérée.
Sous la gestion de Patrice Kitebi, la situation financière du FPI s’était nettement améliorée, passant d’une trésorerie de 738 mille USD en 2016 à 38 millions USD en 2021.
Cependant, près de cinq ans après son départ, l’institution replonge dans une situation critique avec 300 millions USD de créances en souffrance. Le ministre Justin Kalumba a ainsi sollicité un appui du gouvernement pour renforcer les mécanismes de recouvrement et a proposé un audit du portefeuille afin d’identifier les défaillances.
Selon des sources internes, cette dégradation serait liée à l’instabilité managériale au sein du FPI. Depuis 2021, trois directeurs généraux se sont succédé, entraînant une rupture dans la continuité des politiques de gestion et un ralentissement des projets financés.
Face à cette situation, l’actuel directeur général, Hervé Claude Ntumba Batukonke, est appelé à intensifier les actions de recouvrement, notamment en recourant à des procédures judiciaires. Comme par le passé, cela pourrait inclure la saisie et la vente des biens des débiteurs insolvables.
Alors que le FPI joue un rôle clé dans le financement du secteur industriel, la récupération de ces créances apparaît comme une urgence pour éviter de lourdes pertes financières et relancer les investissements productifs en RDC.
Trésor MAKAYA





