À Kinshasa, une annonce majeure faite ce jeudi 09 avril 2026 va bouleverser les habitudes financières des Congolais. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a officialisé, à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire, une mesure radicale : l’interdiction totale des transactions en espèces en monnaies étrangères à partir du 9 avril 2027.
Cette décision marque un tournant historique dans la gestion des devises en République démocratique du Congo. Concrètement, il ne sera plus permis de régler une transaction en dollars ou en euros en billets. « Aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères », a martelé le gouverneur, précisant que toutes les opérations devront désormais se faire par voie scripturale, c’est-à-dire via les circuits bancaires et électroniques.
Dans les faits, cette réforme met fin à une pratique largement répandue dans le pays : le paiement direct en dollars. Désormais, tout règlement en devise devra passer par un virement bancaire, une carte ou encore des plateformes de mobile money. Les banques, elles aussi, sont concernées : elles ne seront plus autorisées à importer des billets en devises étrangères, une mesure destinée à tarir progressivement la circulation du cash en dollars sur le territoire.
Au-delà de l’interdiction, la BCC poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Il s’agit d’abord de renforcer le contrôle des flux financiers dans un contexte marqué par la prédominance de l’informel. Ensuite, la mesure vise à lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent et les fraudes, tout en consolidant le système bancaire national. Enfin, elle s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir l’usage du franc congolais, longtemps concurrencé par le dollar dans les transactions quotidiennes.
Cette réforme ambitieuse de la BCC, appelant à la modernisation, soulève déjà des interrogations quant à sa mise en œuvre. Dans un pays où l’accès aux services bancaires reste limité pour une grande partie de la population, le passage forcé au tout-scriptural pourrait poser des défis d’inclusion financière.
En attendant son entrée en vigueur en 2027, la mesure laisse aux acteurs économiques et aux citoyens un délai pour s’adapter à cette nouvelle ère. Une chose est désormais certaine : en RDC, le dollar liquide s’apprête à disparaître des échanges, ouvrant la voie à une économie plus formalisée, mais aussi profondément transformée.
NGK





