La colère gronde dans l’administration publique en République démocratique du Congo. En ce 16 mars, la paie des fonctionnaires pour le mois de février n’a toujours pas commencé. Dans de nombreux services de l’État, agents et cadres attendent désespérément le versement de leur salaire, plongeant des milliers de familles dans une incertitude financière insoutenable.
La situation est devenue récurrente. Le mois dernier déjà, les salaires de janvier avaient été versés avec un retard important, certains agents n’ayant touché leur dû qu’entre le 18 et le 20 février. Un décalage qui nourrit frustration et exaspération, au point que l’attente commence à ressembler à une véritable sanction arbitraire.
Pendant ce temps, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, semble transformer le trésor public en fonds de communication. Il multiplie conférences de presse et sorties médiatiques, coûtant chaque mois près de 60 000 dollars, selon des sources concordantes. Ces événements ne servent pas seulement à informer : ils s’accompagnent de paiements attribués à des journalistes choisis selon des affinités, allant de 3 000 à 6 000 dollars par tête.
Dans les bureaux de l’administration, l’indignation est palpable. Tandis que les fonctionnaires patientent pour percevoir leur salaire de février, des dizaines de milliers de dollars sont dilapidés pour des opérations médiatiques. Les critiques dénoncent un contraste choquant entre la communication ostentatoire et la négligence de l’État envers ses propres agents.
Cette gestion place également le gouvernement de Félix Tshisekedi sous pression. Au-delà des discours et des conférences, une réalité brute s’impose : l’État n’a toujours pas commencé à payer ses fonctionnaires, laissant planer sur eux ce que beaucoup décrivent désormais comme la “Fatwa de Fwamba”, une sanction invisible mais ressentie au quotidien.
Pour ces agents, la question reste simple mais brûlante : comment justifier des dépenses médiatiques somptuaires alors que les salaires, fruits du travail accompli, ne sont toujours pas versés ?
La Rédaction





