Depuis des années, le gouvernement congolais semble avoir trouvé une solution miracle pour masquer ses difficultés financières : emprunter sans cesse. Le ministère des Finances ouvre le tiroir des Bons et Obligations du Trésor à chaque trou dans le budget, et pendant ce temps, l’État continue de dépenser comme si les caisses étaient sans fond. Les chiffres des deux premiers mois de 2026 sont éloquents. Sur 3 849 milliards de francs congolais attendus, seuls 3 281 milliards ont été collectés, laissant un manque à gagner de 255 millions de dollars. Pourtant, les dépenses cumulées en janvier et février ont dépassé 4 668 milliards de CDF, soit plus de 2 milliards de dollars. La masse salariale seule a englouti 1 075 milliards, laissant très peu pour les investissements structurants.
Le constat est clair : le Ministère des Finances de la RDC, le gouvernement et leurs équipes comptables fonctionnent depuis dix ans avec la même logique : emprunter pour payer les salaires et couvrir les dépenses courantes mais aucune réforme réelle n’a été entreprise pour rendre le budget plus solide. Les régies financières, comme la Direction Générale des Impôts, la Direction Générale des Douanes et Accises ou la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations, font leur travail et collectent des recettes, mais c’est comme remplir un seau percé : tout l’argent part aussitôt dans des dépenses sans contrôle. Même la Banque Centrale du Congo tire la sonnette d’alarme, montrant que les cinq premiers jours de mars ont déjà enregistré 416 milliards de dépenses pour seulement 132 milliards de recettes.
Face à cette spirale, le gouvernement doit changer de méthode immédiatement. Il ne suffit plus de recourir aux emprunts. Il faut mettre en œuvre des réformes concrètes et urgentes : élargir l’assiette fiscale pour inclure davantage de contribuables, renforcer le contrôle et la transparence des dépenses publiques, réduire le train de vie de l’État en limitant les frais de fonctionnement inutiles, et prioriser les investissements productifs qui génèrent de la richesse plutôt que de financer uniquement les salaires. Le gouvernement pourrait aussi instaurer un calendrier strict de paiement et de suivi des dépenses, afin que chaque franc dépensé ait un impact réel pour le pays.
Si ces mesures ne sont pas prises, le Congo risque de continuer à vivre à crédit, à augmenter sa dette et à transférer le fardeau aux citoyens sous forme d’inflation et de réduction des services publics. Les Congolais méritent de savoir que l’argent de l’État sert d’abord à développer le pays et non à maintenir un système de dépenses incontrôlées. Aujourd’hui, la question n’est plus seulement économique : elle est politique. Le ministère des Finances et le gouvernement doivent choisir : soit réformer, soit continuer à emprunter pour payer… et laisser la facture aux Congolais.
NGK





