Une nouvelle page s’ouvre pour la Gécamines. Réunis à Kinshasa mercredi 4 mars 2026, les administrateurs et actionnaires de l’entreprise publique ont officiellement validé la nouvelle équipe dirigeante appelée à piloter le fleuron minier de la République démocratique du Congo. Cette étape institutionnelle, organisée conformément aux exigences de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, marque le coup d’envoi effectif d’un nouveau cycle de gouvernance pour la société d’État, dans un contexte où les minerais stratégiques congolais attirent plus que jamais l’attention des grandes puissances industrielles.
La rencontre a rassemblé autour de la même table les anciens et nouveaux mandataires de l’entreprise, les membres du Conseil d’administration ainsi que des représentants des principales institutions impliquées dans la supervision du secteur minier. Au terme de cette séquence protocolaire, le nouveau président du Conseil d’administration, Déogratias Ngele Masudi, a donné le ton d’un mandat placé sous le signe de l’efficacité et de la responsabilité. Pour lui, la mission de la Gécamines dépasse la simple exploitation minière : elle doit incarner la capacité de l’État à transformer les ressources naturelles en levier de puissance économique.

La prise de fonctions de la nouvelle équipe découle des nominations décidées par le président de la République, Félix Tshisekedi, lors d’une ordonnance rendue publique fin février. À la direction générale, Baraka Kabemba aura la tâche de conduire la stratégie opérationnelle de l’entreprise. Il sera épaulé par Ludovic Monga, chargé des opérations minières et du patrimoine géologique, tandis que Jack Masangu Amwanza conserve la responsabilité des finances et des participations, un poste crucial dans la gestion des nombreux partenariats miniers de la société.
Au-delà des hommes, c’est surtout le timing de ce renouvellement qui retient l’attention. La recomposition de la direction intervient quelques semaines après l’accord stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis autour des minerais critiques, signé en décembre 2025. Dans un monde engagé dans la transition énergétique, le cobalt et le cuivre congolais sont devenus des ressources hautement convoitées par les industriels des batteries, des véhicules électriques et des technologies vertes.
Dans ce nouvel échiquier géo-économique, la Gécamines apparaît plus que jamais comme un acteur central. Héritière de l’ancienne Union Minière et longtemps symbole de la puissance industrielle du Katanga, l’entreprise publique détient encore des participations stratégiques dans plusieurs projets majeurs du pays. Sa capacité à renforcer sa gouvernance, à sécuriser ses partenariats et à accroître la valeur tirée de ses gisements sera déterminante pour l’économie congolaise.

La cérémonie officielle de remise et reprise entre les équipes sortante et entrante se tiendra ce vendredi 6 mars à Lubumbashi, cœur historique de l’industrie minière congolaise. Un rendez-vous qui marquera véritablement l’entrée en scène de la nouvelle direction et, peut-être, le début d’un repositionnement stratégique du géant minier national dans la compétition mondiale pour les métaux de la transition énergétique.
NGK





